Mise à jour de projet : le Partenariat en mouvement (janvier 2018)

Chaque année, des milliers de travailleurs au Canada quittent leur collectivité d’appartenance et se déplacent pour mieux contribuer au revenu familial. Certains types d’emploi supposent des allers-retours quotidiens de plusieurs heures; dans d’autres cas, les travailleurs sont forcés de s’absenter du foyer pendant des jours, des semaines, des mois, voire des années… De fait, le phénomène de la mobilité géographique pour le travail (ou celui des déplacements importants pour le travail) est répandu au sein de la main-d’œuvre canadienne, et s’intensifie d’année en année.

L’Institut Vanier de la famille poursuit sa collaboration avec le Partenariat en mouvement en vue de mieux comprendre les incidences de la mobilité sur les ménages, les collectivités et l’économie, dans une perspective nationale.

  • L’animateur de CBC Ideas, Paul Kennedy, collabore avec le Partenariat en mouvement afin de produire deux nouvelles émissions en 2018.
  • Le Partenariat en mouvement prépare une autre activité de mobilisation du savoir en collaboration avec l’Institut Vanier et la chercheuse Christina Murray de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI). Cette initiative aura lieu au printemps, à l’UPEI, en lien avec le Symposium du Canada atlantique sur les familles, la mobilité et le travail.
  • L’équipe albertaine du Partenariat en mouvement prépare une série de récits variés sur la mobilité géographique pour le travail afin de mettre en relief la réalité des navetteurs ou des travailleurs autochtones, interprovinciaux et internationaux. Ces récits seront accessibles à partir du site Web du Partenariat en mouvement sur divers supports, notamment en textes et sous forme de documents visuels ou audio, en plus de cartes ou de documents de politiques.
  • Le dernier symposium du Partenariat en mouvement aura lieu à St. John’s, du 14 au 17 novembre 2018. D’autres détails seront disponibles bientôt.

Félicitations à Barbara Neis, Ph. D., lauréate du prestigieux prix Paton 2017 de l’Université Memorial, qui souligne le mérite de personnes ayant incarné la mission de l’université par l’excellence de leur enseignement, la mise en œuvre de travaux de recherche de classe mondiale, et le rayonnement élargi de leur savoir et de leur expertise.

L’Institut Vanier continuera de publier des données d’étude par l’entremise de son site Web, de son infolettre ou des médias sociaux, tout en collaborant et en participant à diverses conférences, tables rondes et autres activités durant l’année 2018.

Pour en savoir davantage au sujet du Partenariat en mouvement et sur la mobilité pour le travail au Canada :

 


Publié le 22 janvier 2018




Fiche infographique : La vie à la ferme et les familles au Canada

Les familles d’agriculteurs ont joué un rôle de premier plan dans l’histoire du Canada, tant du point de vue de l’apport de l’agriculture à l’économie locale et provinciale qu’en ce qui concerne la place du monde agricole dans l’identité des familles et des collectivités. Si l’agriculture s’inscrit manifestement dans la vie des familles qui la pratiquent, c’est notamment parce que ce mode de vie unique touche à la fois au lieu de résidence, au travail, à la culture et aux liens familiaux.

Au Canada, l’évolution des familles d’agriculteurs suit certaines grandes tendances qui teintent aussi le « paysage familial » du pays, comme le vieillissement de la population, la réduction de la taille des familles, l’augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail, la présence accrue des technologies en milieu de travail, ainsi que la diversification des sources de revenu des familles.

Pour saisir un peu mieux la situation des familles d’agriculteurs au Canada, l’Institut Vanier de la famille a produit une fiche infographique illustrant les données du Recensement de l’agriculture de 2016.

Quelques faits saillants…

  • Le Canada comptait plus de 193 000 fermes en 2016 (soit un repli de 5,9 % par rapport à 2011).
  • En 2013, on recensait près de 102 000 familles d’agriculteurs au Canada, leur nombre ayant reculé chaque année durant la décennie précédente.
  • L’âge moyen des exploitants agricoles est passé de 47,5 ans en 1991 à 55 ans en 2016.
  • La proportion de familles d’agriculteurs comptant deux membres est passée de 43 % en 2003 à 51 % en 2013, alors que la proportion de celles de cinq membres ou plus a fléchi, passant de 19 % à 14 %.
  • Parmi toutes les fermes au pays en 2016, 8,4 % disposaient d’un plan de relève écrit. Dans 96 % des cas, le successeur désigné était un membre de la famille.
  • En 2015, 57 % des exploitants de 60 ans ou plus recouraient aux technologies pour faciliter leur travail, comparativement à 81 % chez ceux de moins de 40 ans.

 

Téléchargez la fiche infographique La vie à la ferme et les familles au Canada publiée par l’Institut Vanier de la famille.

Pour en savoir davantage, consulter le texte produit par l’Institut Vanier sous le titre « Families on the Farm: A Portrait of Generations and Migrant Workers in Canada », paru dans l’ouvrage Deep Roots que les Nations Unies ont publié dans le cadre de l’Année internationale de l’agriculture familiale.

 


Publié le 16 janvier 2018




Fonds Alan-Mirabelli pour la créativité et l’innovation

Pendant plus d’une trentaine d’années, Alan Mirabelli (1948-2017) a été un membre engagé de l’équipe de l’Institut Vanier, où il a notamment agi comme directeur général (volet administration) et directeur des communications. Alan était bien connu pour son dévouement et son parcours professionnel exemplaire voué à la consolidation des connaissances à l’échelle nationale au sujet des familles du Canada. Cependant, il avait aussi un grand talent artistique, qui s’exprimait grâce à la photographie.

Alan s’est d’abord tourné vers cette forme d’art pour trouver une certaine quiétude, découvrir et exploiter son côté créatif, et aussi pour en apprendre un peu plus sur lui-même. Pour lui, la photographie avait la vertu de « projeter le regard pour mieux se connaître », et il y voyait un processus contemplatif et méditatif qui, au-delà de ses fins propres, permettait aussi une réflexion sur soi. Et cet aspect a pris une place grandissante dans sa vie, jusqu’à son décès.

Ce fut d’abord une passion solitaire, mais Alan a aussi appris à collaborer avec d’autres artistes, en cherchant à favoriser et à soutenir leur expression créative par ses conseils et son encadrement (certains d’entre eux sont d’ailleurs le sujet de ses dernières œuvres).

À ses yeux, l’expression artistique recelait non seulement le pouvoir d’aider chacun sur le plan individuel, mais supposait aussi une grande capacité de transfert du savoir. De fait, l’art est aussi un puissant vecteur de connaissances, de perspectives et d’une certaine compréhension des choses, et Alan a souhaité pouvoir appuyer – durant sa vie et même après – les canaux créatifs et novateurs susceptibles de favoriser cette mise en commun du savoir.

C’est dans cette optique que l’Institut Vanier a mis sur pied le Fonds Alan-Mirabelli pour la créativité et l’innovation afin de mieux comprendre les familles et la vie de famille, en misant sur diverses méthodes et approches empreintes de créativité, d’innovation et d’expression artistique.

Faire un don au Fonds Alan-Mirabelli pour la créativité et l’innovation

Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec la directrice générale de l’Institut Vanier, Nora Spinks, au 613-724-8500, poste 214, ou à l’adresse : dg@institutvanier.ca

« Alan incarnait les multiples visages que lui reconnaissent ceux et celles qui le côtoyaient : ami, collègue, mentor, auteur, conférencier, militant, gestionnaire, enseignant, raconteur, artisan, artiste, père, grand-père, bâtisseur communautaire, source d’inspiration, gardien d’une perspective nationale de la famille, et homme de dignité tout au long de son existence, particulièrement dans sa manière d’être. »

– Al MacKay (ancien président et membre du conseil d’administration, et ex-directeur général intérimaire de l’Institut Vanier)

En mémoire d’Alan Mirabelli


Publié le 12 janvier 2018




En mémoire d’Alan Mirabelli

Al MacKay

Par où commencer pour évoquer la contribution d’Alan Mirabelli auprès de l’Institut Vanier de la famille?

Lorsque Nora Spinks m’a demandé de rédiger un mot à propos du parcours d’Alan au sein de l’Institut Vanier, j’ai d’abord pensé que ce serait simple. Cependant, plus j’y réfléchissais, plus je saisissais l’ampleur d’un tel mandat; l’homme dont il est question incarnait les multiples visages que lui reconnaissent ceux et celles qui le côtoyaient : ami, collègue, mentor, auteur, conférencier, militant, gestionnaire, enseignant, raconteur, artisan, artiste, père, grand-père, bâtisseur communautaire, source d’inspiration, gardien d’une perspective nationale de la famille, et homme de dignité tout au long de son existence, particulièrement dans sa manière d’être.

Alan incarnait de multiples visages que lui reconnaissent ceux et celles qui le côtoyaient.

Alan était aussi à l’aise à discuter d’enjeux sociétaux multidimensionnels devant les députés d’un comité parlementaire, que dans son atelier à peaufiner les détails d’une table d’appoint en acajou, ou encore derrière son appareil photo dont il savait tirer des clichés artistiques saisissants. Bref, c’était un esprit universel, mais bien de son temps.

Comment donc évoquer une personnalité aussi multidimensionnelle? Peut-être en s’intéressant plus particulièrement à l’un de ses visages plus méconnus…

Ce n’est pas par l’entremise de l’Institut que j’ai rencontré Alan, mais plutôt à une époque où je m’intéressais à la violence à la télévision pour le compte de l’industrie canadienne de la télévision. Vers la fin des années 80 et au début des années 90, l’opinion publique se montrait très préoccupée par la montée de la violence au Canada, dans le sillage de la tuerie de l’École polytechnique à Montréal où 14 jeunes femmes avaient perdu la vie. Plusieurs se demandaient s’il fallait y voir un lien avec la violence à la télévision, et s’il y avait tout simplement trop de violence en ondes. Le président du CRTC d’alors, Keith Spicer, avait tenu des audiences publiques et demandé diverses études sur la question. L’affaire avait aussi donné lieu à des audiences parlementaires et à la publication de divers rapports. Deux conférences d’envergure avaient été organisées sur le sujet, et c’est à l’occasion de l’une d’elles que j’ai rencontré Alan.

Évidemment, en tant que représentant de l’industrie de la télévision lors de ces activités, j’avais chaque fois l’impression d’entrer dans la fosse aux lions. Plusieurs voix exigeaient que le gouvernement resserre son contrôle sur le contenu diffusé, et que l’on délaisse les séries dramatiques trop intenses au profit d’émissions du genre d’Anne, la maison aux pignons verts. Au fil du débat, Alan a vite fait de se démarquer parmi les voix les plus rationnelles.

À cette époque, il représentait l’Institut Vanier auprès de l’Alliance pour l’enfant et la télévision, un organisme voué à la programmation pour un public en bas âge. C’est donc dire qu’il connaissait bien les enjeux à l’étude. Du reste, la solide réputation que lui-même et Bob Glossop avaient conférée à l’Institut Vanier donnait beaucoup de poids à ses propos, si bien que tous lui prêtaient une oreille attentive.

D’après lui, le problème n’était pas tant de savoir s’il fallait ou non dépeindre la violence à la télévision, mais plutôt si le dosage – et la nature – du contenu à caractère violent auquel les enfants avaient accès était adéquat. Il considérait entre autres qu’il fallait se pencher sur l’importance de resserrer le contrôle parental à l’égard des habitudes de visionnement des enfants, particulièrement en bas âge.

Certains conférenciers insistaient alors pour bannir toute représentation de violence à la télévision, même aux bulletins télévisés. Par contre, Alan pensait plutôt que les parents avaient un rôle essentiel à jouer pour encadrer leurs enfants en leur expliquant la violence dans son contexte, peu importe le type d’émission. Même s’il se montrait sensible à leur situation, il était en parfait désaccord avec les parents qui voyaient la télévision comme une sorte de gardienne d’enfants, et qui négligeaient de surveiller quelles chaînes ou quel contenu leurs enfants regardaient, que ce soit à la télévision ou sur des vidéocassettes en location.

Grâce à son calme et à ses opinions bien structurées, Alan a été en mesure d’influencer considérablement la teneur des échanges à l’occasion de ces discussions importantes, qu’il a contribué à faire évoluer en cherchant à éviter la censure (ce qui aurait été problématique à plusieurs égards), en insistant plutôt sur la responsabilité qui incombait à l’industrie d’aider les familles à faire des choix éclairés quant aux types d’émissions auxquelles les enfants devaient avoir accès, et en incitant les parents à restreindre le nombre d’heures que leurs enfants passaient devant le petit écran.

Je n’ai pas hésité à me présenter à lui, et à lui dire combien j’avais apprécié son approche rationnelle. Je lui ai aussi proposé de garder contact, en évoquant la possibilité de lui demander conseil au cours des mois suivants, à mesure que le processus suivrait son cours. Comme il se doit, ses conseils se sont révélés précieux, l’industrie ayant finalement décidé d’adopter un code rigoureux sur ces enjeux en privilégiant éventuellement divers paramètres sur les grilles de programmation, un barème de classification du contenu, divers avis et pictogrammes à l’écran à l’intention des téléspectateurs, ainsi qu’une technologie à puce antiviolence. Alan ne s’est pas montré complaisant envers l’industrie : il a remis en question plusieurs de nos idées reçues et demandait sans cesse en quoi nos démarches pouvaient aider ces parents stressés qui, au fond, souhaitaient ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants.

Que ce soit aux responsables des divers ordres de gouvernement, aux groupes communautaires ou aux organismes citoyens, ou encore aux Canadiens et aux Canadiennes eux-mêmes, il répétait à qui voulait l’entendre : que faites-vous pour améliorer la vie des familles canadiennes? Avez-vous examiné vos politiques et vos programmes dans une perspective familiale? Voilà une thématique récurrente chez lui durant toutes ces années où il a parcouru le pays pour prononcer des allocutions, faire des présentations et expliquer aux journalistes les divers enjeux touchant les familles.

Alan a remis en question plusieurs de nos idées reçues et demandait sans cesse en quoi nos démarches pouvaient aider ces parents stressés qui, au fond, souhaitaient ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants.

L’héritage que lègue Alan Mirabelli est indissociable du duo unique et complémentaire qu’il formait avec son compère Bob Glossop, chacun ayant ses propres forces. Ensemble, ils ont réussi à consolider l’indépendance de cet organisme ainsi que sa réputation sans tache, tant au pays qu’à l’étranger. Ils ont veillé à la pertinence des travaux de recherche sur les politiques et à la stabilité financière de l’organisme, à une époque où les aléas de l’économie avaient forcé plusieurs autres organismes du secteur des politiques sociales à fermer leurs portes.

Quelques mois après un virage professionnel qui m’avait amené à quitter la station de télévision locale d’Ottawa, j’ai reçu un coup de fil d’Alan qui m’invitait à faire partie du conseil d’administration de l’Institut Vanier. C’était pour moi une époque de remise en question, et une telle proposition de la part d’un organisme aussi renommé que l’Institut Vanier avait une grande valeur à mes yeux.

Mon engagement auprès de l’Institut s’est poursuivi pendant environ une décennie, au cours de laquelle j’ai été tour à tour président, trésorier ou membre du conseil, avant de devenir directeur général intérimaire pour faciliter la transition à la direction après le départ à la retraite de Bob et Alan.

Après mon propre départ de l’Institut, ma famille et celle d’Alan sont restées en contact (il était d’ailleurs l’un des plus fervents amateurs des conserves et des sauces pour pâtes que prépare mon épouse, et ne ratait jamais l’occasion d’en louer les mérites). Lorsqu’il venait en ville pour un rendez-vous ou une réunion, il passait prendre un thé à la maison, de temps en temps. Il était très à l’aise à notre table, particulièrement quand nos enfants d’âge adulte étaient présents.

En parlant des présidents du conseil d’administration, Alan disait souvent qu’il se considérait privilégié d’avoir pu compter sur la bonne personne au bon moment. Et je lui répondais que j’étais privilégié moi aussi que ma route ait croisé celle de l’Institut Vanier – avec tout ce que cet organisme représente, ses réalisations et ses enseignements – à un moment opportun de ma vie et de ma carrière. En somme, c’est en pensant à tout cela, et à notre amitié durable, que je serai encore et toujours très reconnaissant envers Alan Mirabelli.

Bon voyage, mon ami.

Al MacKay

Ex-membre du conseil d’administration, Al MacKay a aussi été président du conseil et directeur général intérimaire de l’Institut Vanier de la famille.


Publié le 10 janvier 2018




Alan Mirabelli : une carrière dédiée aux familles canadiennes

Robert Glossop, Ph. D.

Pendant plus d’une trentaine d’années, l’Institut Vanier de la famille a pu compter sur le talent et le dévouement d’Alan Mirabelli pour « promouvoir le bien-être des familles canadiennes ». Son engagement a contribué à la réputation d’excellence de l’organisme à titre de ressource précieuse d’envergure nationale, reconnu pour la qualité et la pertinence de l’information et des perspectives qu’il véhicule au sujet des familles au Canada.

Chapeautant les activités de gestion et d’administration de l’Institut, Alan a épaulé plusieurs conseils d’administration successifs pour les aider à faire face aux divers défis qu’ont en commun tous les organismes, ou à surmonter ceux qui touchent plus particulièrement les organismes de bienfaisance et sans but lucratif. Au fil des ans, les dirigeants de l’Institut ont toujours fait confiance à Alan pour ses connaissances et son point de vue sur de multiples processus organisationnels, notamment en ce qui a trait aux finances, aux budgets, aux pratiques en matière de comptabilité et de placement, aux activités de recrutement et de dotation, à la reddition de comptes devant le Parlement, sans oublier l’innovation technologique qui a suivi son cours au fil de ses années de service, lui qui a vu les dactylos IBM et autres téléphones à cadran céder le pas progressivement aux serveurs centralisés, aux logiciels de gestion organisationnelle et autres systèmes de sécurité informatique.

Toutes ces fonctions administratives avaient certainement leur importance pour les intervenants gravitant autour de l’organisme, mais le véritable héritage d’Alan auprès de l’Institut Vanier rayonne bien au-delà de ses murs, puisqu’il a réussi à mettre en relief tout ce que représente cet organisme, ainsi que les travaux de ses chercheurs et de ses auteurs. Comme directeur des communications, Alan a toujours insisté pour que l’Institut ne se contente pas d’attendre que les médias transmettent son message, mais pour qu’il se présente plutôt comme une ressource utile aux médias. Trop souvent, les organismes ayant pour mandat de colliger et de diffuser des renseignements à l’intention du public tiennent pour acquis que les « médias » leur réserveront automatiquement une place de choix au moment de publier un communiqué.

Le véritable héritage d’Alan auprès de l’Institut Vanier rayonne bien au-delà de ses murs, puisqu’il a réussi à mettre en relief tout ce que représente cet organisme, ainsi que les travaux de ses chercheurs et de ses auteurs.

Alan avait compris qu’il fallait une solide communauté d’intérêts pour réussir à diffuser du contenu pertinent, ce qui nécessitait d’investir dans des relations durables et réciproques avec les journalistes et les diffuseurs, fondées sur le respect et la confiance. Pour mettre en œuvre une telle stratégie de communication, Alan avait donc convaincu ses collègues de ne jamais mettre plus de quelques heures à répondre aux demandes des médias et, si l’Institut n’était pas en mesure d’y répondre directement, de consacrer le temps et l’énergie nécessaires pour trouver une source d’expertise fiable dans le milieu universitaire ou dans le secteur sans but lucratif. Avant même l’ère des « fausses nouvelles » (fake news), l’Institut Vanier s’était déjà imposé comme une ressource fiable et digne de confiance, ce qui lui permettait de toujours compter sur la collaboration des médias dans la réalisation de son mandat, soit d’informer et d’influencer des auditoires variés comme les enseignants et les étudiants de tous les niveaux, des leaders du monde des affaires, des intervenants au sein d’associations communautaires, des mécènes, des élus, des conseillers du secteur gouvernemental, sans oublier le public que nous avions pris l’habitude d’appeler « Monsieur et Madame Tout-le-monde ».

En travaillant étroitement avec les chercheurs universitaires de même qu’avec ses collègues de Statistique Canada, l’Institut a bientôt pu réunir un imposant corpus de données probantes sur le profil des familles, sur leurs habitudes et sur leurs perceptions. Ces renseignements résultaient d’études diverses émanant d’un vaste éventail de disciplines comme la sociologie, l’histoire, l’économie, la psychologie, la psychologie sociale, l’éducation, le travail social, l’économie domestique, la philosophie, l’éthique, l’administration publique, etc.

Dès lors, l’Institut bénéficiait de toute la légitimité voulue pour faire valoir son expertise sur les familles au Canada, leurs caractéristiques, le contexte dans lequel elles évoluent, et les perspectives à leur égard. En tant que directeur des communications, Alan devait toutefois trouver le moyen de diffuser efficacement cette information auprès d’un auditoire très diversifié, pour permettre à chacun d’envisager les familles avec tout le sérieux qu’elles méritent.

Dans cette optique, afin de mettre en relief les conséquences des décisions publiques sur la vie privée, tout comme les répercussions des choix privés sur la vie publique, l’Institut Vanier s’est non seulement employé à réunir un éventail de connaissances sur les politiques publiques et les tendances touchant la famille, mais aussi à faire ressortir la réalité qui se cache derrière les statistiques, et ce, en fonction des intérêts des divers auditoires auxquels ces conclusions étaient destinées et pour lesquels elles étaient imprimées et publiées, toujours dans un format accessible et attrayant, avec en point de mire une meilleure compréhension pour les Canadiens des raisons expliquant que la famille soit au cœur de toutes nos préoccupations.

Robert Glossop, Ph. D., a été directeur général de l’Institut Vanier de la famille (recherche et programmes). Il est membre du Réseau des anciens de l’Institut Vanier.


Publié le 9 janvier 2018