Faits vécus : La participation active des femmes d’origine ethnique au Canada

Emily Beckett

Les familles immigrantes représentent plus d’un cinquième de la population canadienne (22 %) et contribuent de manière unique et diversifiée à la vie dans les milieux de travail et les collectivités au pays1Pour en savoir davantage : Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada (février 2018). Malheureusement, certaines d’entre elles ne bénéficient pas d’une pleine inclusion sociale; par conséquent, leurs talents, leur voix et leurs points de vue sont souvent négligés.

Afin d’accroître la conscientisation quant à la réalité de ces familles et pour favoriser leur inclusion, l’Institut Vanier de la famille a conclu un partenariat avec l’initiative New Canadian Media (NCM) dans le cadre d’une série d’articles sur la participation active des femmes d’origine ethnique en Ontario (Ethnic Women Are Full Participants in Ontario). Axés sur la situation des femmes immigrantes au Canada, ces textes mettent en relief leurs réalités diverses, notamment sur les questions touchant l’établissement au Canada, l’exploration professionnelle et le cheminement de carrière, la santé mentale, les soins familiaux, les liens intergénérationnels, la violence familiale, etc.

Vous trouverez ci-dessous le résumé de certains des articles de cette série ainsi que les liens pour y accéder (la liste complète des articles figure sur le site Web de New Canadian Media).

 

Ethnic Women Are Full Participants in Canada (en anglais seul.)

Summer Fanous

Cet article de Summer Fanous sur la participation active des femmes d’origine ethnique au Canada souligne les nombreux jalons franchis par les femmes pour faire entendre leur voix au Canada et ailleurs. Malgré des progrès importants, il persiste encore des obstacles à l’emploi et au leadership pour plusieurs femmes, et le statut d’immigrant risque d’accentuer ces difficultés. L’auteure signe le premier d’une série d’articles pour donner voix au chapitre aux femmes immigrantes au Canada afin de favoriser les progrès constants à cet égard.

 

Adapting to a New Country (en anglais seul.)

Sukaina Jaffer

Dans cet article sur l’adaptation à un nouveau pays, Sukaina Jaffer relate le parcours de plusieurs femmes immigrantes en Ontario, qui ont dû s’adapter à leur nouvelle vie. La transition et l’intégration à un nouveau pays supposent un certain nombre d’ajustements et de mesures d’adaptation complexes et diverses, qui tiennent notamment à la disparition d’un cadre culturel familier, à certains écarts climatiques importants pour les arrivants de régions plus tempérées, ainsi qu’aux obstacles culturels liés à la langue et au logement. Selon l’auteure, les cercles sociaux et le soutien sont souvent insuffisants, ce qui mine le bien-être financier des immigrantes nouvellement arrivées au Canada, comme en témoigne l’une d’entre elles, qui évoque ses difficultés à ouvrir et à administrer un centre de massothérapie à Toronto. Sukaina Jaffer souligne par ailleurs que l’information disponible s’avère bénéfique aux immigrants, tout comme l’accès à des ressources, à des programmes et à un réseau social dans leur nouvelle collectivité.

 

Getting Ahead: Taking the First Career Steps (en anglais seul.)

Jennilee Austria

Jennilee Austria signe cet article sur l’amorce d’une carrière professionnelle pour les immigrants en recherche d’emploi au Canada, en s’intéressant à quelques-uns des obstacles qui les guettent. Plusieurs immigrants doivent s’en remettre à des « emplois de survie » pour pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille, puisque certains employeurs refusent parfois de les embaucher faute d’« expérience canadienne » suffisante, sans égard à la formation et à l’expérience professionnelle acquises dans leur pays d’origine. Comme en témoignent les données de recherche, la difficulté de concilier les acquis et l’accès à l’emploi est fréquente parmi les immigrants : en 2011, parmi les femmes immigrantes de 24 à 35 ans ayant un diplôme d’une université hors du Canada ou des États-Unis, 43 % occupaient un poste nécessitant seulement des études secondaires (ou moins). Jennilee Austria constate que les programmes de mentorat ont joué un rôle central pour faire tomber divers obstacles pour les immigrants, en leur facilitant l’accès à des réseaux professionnels et en offrant aux participants la possibilité d’acquérir certaines compétences de « savoir-être » éventuellement utiles en milieu de travail.

 

Being Brown and Depressed (en anglais seul.)

Aparna Sanyal

Dans cet article sur la dépression et le racisme, Aparna Sanyal relate son expérience éprouvante en lien avec la maladie mentale, et raconte le manque généralisé de soutien ainsi que les microagressions raciales dont elle a été victime durant son intégration. L’auteure évoque la difficulté de trouver un emploi sûr à bon salaire dans son domaine, qui lui aurait procuré au surplus un milieu de travail stimulant et satisfaisant. Les sentiments d’isolement et d’aliénation sur les plans personnel et professionnel ont contribué à aggraver sa dépression chronique. Malgré ses nombreux symptômes, les professionnels de la santé de même que les policiers qu’elle a rencontrés ne lui ont proposé que peu de soutien ou de ressources pour faire face à ses difficultés.

 

Grandparents at Home: A Blessing

Asfia Yassir

La cohabitation au sein de ménages multigénérationnels est plus fréquente parmi les immigrants que chez leurs homologues nés au pays (comme l’illustre le document Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada). Dans cet article sur la présence bénéfique des grands-parents à la maison, Asfia Yassir met en relief les avantages de vivre sous le même toit que des aînés de la famille, en soulignant que les grands‑parents qui sont en mesure de s’occuper des tout-petits contribuent à alléger les frais de garde incombant aux parents. Du reste, dans le cas des nouveaux arrivants qui pourraient se sentir isolés, les grands-parents offrent aussi une présence rassurante et une source de répit. Même si les aînés nécessitent souvent plus de soins et de soutien que les autres membres de la famille, les immigrants considèrent en général que leur présence représente somme toute un avantage plutôt qu’un fardeau.

 

Ontario’s Caregivers: Double the Work, Half the Benefits (en anglais seul.)

Shan Qiao

Les membres de la famille sont souvent les premiers à fournir ou à superviser les soins et, dans certains cas, à en payer la note. Dans cet article sur le fardeau qui incombe aux aidants ontariens en dépit de certains compromis, Shan Qiao expose la situation de plusieurs femmes immigrantes ayant assumé une charge de soins auprès d’un membre de la famille, en soulignant que le fardeau accru à la maison risque aussi de peser sur le budget et de limiter le temps disponible à l’aidant pour se consacrer à d’autres responsabilités. Occuper un emploi à l’extérieur du foyer s’avère non seulement bénéfique pour les aidants sur le plan financier, mais aussi du point de vue affectif et psychologique. L’article illustre le cas d’une femme qui a tiré parti des programmes et des ressources du réseau de soins de santé pour assumer un rôle plus large que celui d’aidante auprès de son mari. Shan Qiao s’intéresse par ailleurs au double rôle qui revient aux femmes au sein de la famille lorsqu’il s’agit des soins. À l’instar de l’une des femmes citées dans cet article, de nombreuses autres se trouvent dans l’impossibilité d’assumer une pleine charge de soins auprès d’un membre de la famille.

 

Understanding the Roots of Abuse (en anglais seul.)

Tazeen Inam

Dans ce texte visant à mieux comprendre les racines de la maltraitance, Tazeen Inam évoque diverses réalités et statistiques relativement à la violence familiale dans les ménages d’immigrants au Canada, ainsi que les obstacles qui se posent à cet égard. Le nombre de femmes victimes d’homicide est en forte hausse depuis le début de 2018, alors que cinq femmes ont été tuées récemment en seulement six jours en Ontario. Que ce soit à cause de la dépendance financière, de la barrière linguistique ou d’une méconnaissance des ressources communautaires, certaines femmes immigrantes éprouvent plus de difficultés à bénéficier des ressources et d’un environnement sécuritaire, et sont parfois plus vulnérables aux situations de violence. Les récits de cas vécus sont susceptibles d’atténuer certains traumatismes et de consolider l’estime de soi chez les personnes ayant vécu des situations similaires.

 

La série Ethnic Women as Active Participants in Ontario propose une vingtaine d’articles, qui sont disponibles à partir du site Web de New Canadian Media.

 

Pour en savoir davantage au sujet de la diversité familiale et des familles immigrantes au Canada :

 


Emily Beckett est une auteure professionnelle et habite à Ottawa (Ontario).

Publié le 26 juin 2018

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