Date à retenir : Conférence sur les familles au Canada 2019

Les 27 et 28 mars 2019 à Ottawa, Ontario, l’Institut Vanier de la Famille sera l’hôte de la Conférence sur les familles au Canada 2019 – une conférence nationale pancanadienne qui chapeautera plusieurs conférences régionales secondaires organisées conjointement avec des partenaires universitaires de partout au Canada.

Cette série d’évènements uniques et inclusifs rassemblera divers chefs de file de partout au pays qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles au Canada, pour deux journées vouées à la mise en commun du savoir en vue d’amorcer un dialogue inspirant.

INSCRIVEZ-VOUS à l’infolettre de la Conférence sur les familles au Canada 2019 pour connaître les mises à jour et les annonces concernant la Conférence sur les familles au Canada 2019.

Quand : 27 et 28 mars 2019

Où : Centre des congrès Infinity et virtuellement sur les campus universitaires participants à travers le Canada

Centre des congrès Infinity
2901, promenade Gibford
Gloucester (Ontario)  K1V 2L9

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Téléchargez la carte postale « Une date à retenir » de la Conférence sur les familles au Canada 2019 et partagez-la!

Demeurez à l’affût! De plus amples informations suivront bientôt, notamment le site Web de la Conférence sur les familles au Canada 2019 et de l’information sur l’inscription, les conférenciers, la trousse de commandite et plus encore!

 

Informez-vous, impliquez-vous, laissez-vous inspirer.

Courriel FAM2019@institutvanier.ca

Twitter : @InstitutVanier, #FAM2019

Facebook : www.facebook.com/FAM2019

 


Publié le 22 août 2018




Polyamour, diversité et vie de famille

Sandee Lovas

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Au cours des dernières décennies, le Canada a fait des progrès majeurs pour reconnaître et célébrer la diversité familiale au pays. Les connaissances au sujet de la famille ont évolué considérablement, tout comme la capacité de reconnaître et d’explorer la diversité des structures familiales en élargissant la manière de les définir et grâce au nombre croissant d’études réalisées par Statistique Canada. Cependant, les enquêtes comme le Recensement du Canada ou l’Enquête sociale générale ne brossent pas un tableau complet de la diversité familiale au Canada, notamment lorsqu’il s’agit de structures familiales moins répandues, comme les familles polyamoureuses.

En termes simples, les relations polyamoureuses sont des relations intimes impliquant plus d’un partenaire dans un cadre consensuel, en toute connaissance de cause du point de vue de tous les partenaires. Comme le soulignait une étude sur le polyamour au Canada publiée en 2017, les relations de ce type sont elles-mêmes très diversifiées :

La diversité des relations polyamoureuses dépend de leur niveau d’interdépendance et d’engagement, ainsi que des attentes de chacun concernant la fidélité affective et sexuelle. Certaines personnes peuvent être engagées simultanément dans des relations amoureuses avec plusieurs partenaires sans que ceux-ci entretiennent des liens particuliers entre eux, alors que d’autres vivent ces multiples relations en étant formellement engagés les uns envers les autres. Certains partenaires d’une relation peuvent entretenir parallèlement une relation dyadique ou polyamoureuse principale qui suppose un engagement à long terme, alors que d’autres membres vivent des relations secondaires moins engagées avec d’autres partenaires. Dans d’autres cas, des personnes participent à plusieurs relations parallèles sur une base plus sexuelle qu’affective, ce qui suppose moins d’attentes en matière d’interdépendance et d’engagement permanent((John-Paul E. Boyd, M.A., LL.B., Perceptions of Polyamory in Canada, Institut canadien de recherche sur le droit et la famille (décembre 2017). Lien : https://bit.ly/2q5teR8)) [traduction].

De nombreuses personnes n’ont aucune idée de ce que suppose le polyamour, ou considèrent qu’il s’agit d’une option peu réaliste. Le peu d’information fiable et de sources crédibles dont dispose le public sur cette question n’aide pas la cause. La plupart des renseignements disponibles proviennent de sources manifestant une incompréhension de la réalité du polyamour, notamment dans certains documents diffusés avec insistance pour décourager les gens de poser des questions ou de s’intéresser à cette option. Or, cette méconnaissance représente un terreau fertile aux idées fausses sur la réalité des polyamoureux.

On a tendance à mettre dans le même panier toutes les relations non monogames, en les affublant de facto d’une étiquette polyamoureuse. Il existe pourtant des distinctions importantes. Ainsi, les échangistes sont des couples qui souhaitent en fréquenter d’autres ou qui recherchent un troisième partenaire dans un but de nature sexuelle habituellement sans autres liens affectifs. Les personnes qui vivent une relation ouverte acceptent d’avoir des rapports sexuels en dehors de leur relation principale, généralement sans liens affectifs significatifs avec ces autres partenaires. Si les polyamoureux ne sont pas étrangers à ces types de relations, la principale différence, d’après mon expérience, réside dans le fait que le polyamour suppose des rapprochements et des liens affectifs avec plus d’une personne à la fois.

Métamoureux (metamour) : Ce terme désigne le partenaire de mon partenaire. Par exemple, l’épouse de mon amant, avec qui je n’entretiens aucune relation intime (et peut-être aucun lien d’amitié).

Polycule : Il s’agit du réseau où interviennent les relations d’une personne, habituellement ses partenaires immédiats, les conjoints de ses partenaires (métamoureux) et tous les enfants impliqués (autrement dit, sa famille).

Compersion : Ce terme désigne le sentiment de joie éprouvé devant le bonheur de quelqu’un d’autre, comme la joie ressentie en constatant le bonheur apparent d’un bambin. En contexte, il s’agit du sentiment éprouvé lorsqu’on se réjouit qu’un être aimé en aime un autre (par contraste avec la jalousie).

De mon point de vue, même si le polyamour est parfois associé à une sorte de « préférence » sexuelle, je considère plutôt que ça fait partie de mon orientation, un peu comme être gai, hétérosexuel ou bisexuel : plus qu’une préférence, c’est une expression franche de ma propre identité. En effet, pour la plupart des polyamoureux, ce n’est pas une question de choix.

Il n’existe que peu d’études et de données sur les familles polyamoureuses au Canada. En 2017, l’Institut canadien de recherche sur le droit et la famille a néanmoins publié deux rapports((Soit les deux rapports suivants : Perceptions of Polyamory in Canada (ci-dessus) et John-Paul E. Boyd, M.A., LL.B., Polyamorous Relationships and Family Law in Canada, Institut canadien de recherche sur le droit et la famille (avril 2017). Lien : https://bit.ly/2GDEcZq)) qui effleurent à peine la question pour faire écho à la réalité et à l’expérience de ces familles. La première de ces études souligne que les relations polyamoureuses reposent sur des idéaux et des principes égalitaires et qu’elles sont fondées « sur des arrangements clairs et honnêtes entre les partenaires, sur la bonne volonté et le respect réciproque de toutes les parties prenantes, sur une excellente communication interpersonnelle et sur des normes éthiques rigoureuses »((Ibidem)) [traduction]. Cette insistance sur la communication et l’honnêteté n’est pas surprenante puisque les modèles de rôle ou les « modes d’emploi » ne sont pas monnaie courante en ce qui concerne la réalité des polyamoureux. Étant donné que la majorité des gens ignorent tout simplement l’existence d’une telle option, comment sauraient-ils s’informer auprès des personnes qui ont vécu concrètement une telle relation?

Si la plupart des relations monogames sont régies dans une certaine mesure par des attentes et des normes sociales établies, il n’existe pas une telle « feuille de route » sociétale pour encadrer les relations polyamoureuses. Alors que les films, les séries télévisées et les livres privilégient généralement un idéal de la monogamie telle qu’elle « devrait être » (même si la réalité est tout autre), les médias de masse abordent souvent le polyamour sous un angle négatif ou tendancieux, où les protagonistes sont dépeints comme des personnes qui ne veulent que tromper leur partenaire, qui refusent de s’engager dans une relation sérieuse ou qui sont polygames par conviction religieuse.

Dans les faits, le polyamour s’installe souvent au fil du temps. Ce type de relation complexe repose sur certains aspects importants, comme la communication, l’honnêteté et les discussions entre les partenaires. Il n’existe pas de parcours « normal » d’une relation polyamoureuse pour ainsi dire, et les rôles des différents partenaires y sont moins clairement définis. Par conséquent, les partenaires sont souvent appelés à discuter de la répartition du temps et des tâches, et doivent communiquer régulièrement avec les autres pour suivre l’évolution des choses. La communication et l’honnêteté sont tout aussi importantes dans une relation monogame, mais on peut considérer qu’il y a moins à négocier puisque certains rôles « traditionnels » associés au genre y sont plus clairs, ou encore parce que les partenaires éviteront de parler des sentiments qu’ils éprouvent pour une autre personne.

Dans les faits, le polyamour s’installe souvent au fil du temps. Ce type de relation complexe repose sur certains aspects importants, comme la communication, l’honnêteté et les discussions entre les partenaires.

Les conversations entre les partenaires sont particulièrement importantes sur la question du budget familial, qui risque d’être compliquée même si tous les membres assument leur propre autonomie financière. Dans mon cas, je subviens à mes propres besoins financièrement, mais on peut penser qu’un ou plusieurs de mes partenaires souhaiteront m’aider si jamais j’éprouve des difficultés. Par ailleurs, si un ou plusieurs de mes partenaires ont eux-mêmes un budget serré, je ne voudrais pas qu’ils dépensent pour moi au détriment d’autres de leurs proches qui ont besoin d’argent. Il faut aussi négocier le temps à passer ensemble et, s’ils ont des enfants, il faudra également définir mon niveau d’engagement auprès de ceux-ci. Sans compter les discussions sur la façon dont nous souhaitons nous afficher publiquement : certaines personnes craignent de perdre des amis, des proches ou même leur emploi si leur relation polyamoureuse est mise au jour. Et lorsqu’une nouvelle personne se joint à la dynamique relationnelle, il faut en parler pour éviter toute interférence dans la relation existante, ou pour discuter des moyens de gérer la situation.

En outre, si la dynamique implique la présence d’enfants, les choses deviennent alors beaucoup plus compliquées((Voir « Le polyamour au Canada : étude d’une structure familiale émergente », qui s’intéresse à l’aspect légal des relations polyamoureuses dans les situations impliquant des enfants. Lien : https://bit.ly/2ucYHmy)). Personnellement, je préfère vivre seule et je ne ressens aucunement le besoin d’avoir des enfants. Par contre, il est possible que des partenaires éventuels soient mariés ou vivent avec quelqu’un d’autre, et qu’ils aient eux-mêmes des enfants. Il faudrait alors en discuter. Si j’avais un partenaire ayant des enfants et que mon aide puisse faciliter la vie de tout le monde, je n’hésiterais pas à donner un coup de pouce pour que mon partenaire puisse passer plus de temps avec eux, peut-être en allant les chercher à l’école, en les aidant pour les devoirs ou en organisant une fête d’anniversaire. En fait, je m’intéresserais aux enfants et je m’occuperais d’eux comme le ferait un « ami de la famille ».

Une autre question se pose : combien de personnes peuvent se marier (oui, les polyamoureux s’intéressent au mariage pour les mêmes motifs que les personnes monogames, sauf en ce qui concerne l’« exclusivité »). Il existe plusieurs scénarios à cet égard. Dans certains cas, trois personnes ou plus pourraient vouloir se marier, ou encore l’un des époux dans un couple marié pourrait vouloir se marier à une autre personne en dehors de leur relation (c’est-à-dire que A et B sont mariés, tout comme B et C, sans que A et C ne soient mariés et ne souhaitent le devenir). Faute de pouvoir se marier légalement puisque les lois sont fondées sur le principe de la monogamie, certains polyamoureux s’unissent dans le cadre d’une cérémonie symbolique (handfasting en anglais). Bien que cette cérémonie n’ait aucune valeur légale, les participants considèrent néanmoins qu’il s’agit bel et bien d’un mariage.

Dans le contexte social actuel, il serait sans doute nécessaire d’instaurer un statut de « tuteur reconnu » ou de « partenaire reconnu » pour témoigner de la légitimité de la relation, en octroyant certains droits aux partenaires sans les mêmes obligations qui incombent aux tuteurs ou aux conjoints reconnus légalement. On peut penser notamment à la possibilité d’aller chercher un enfant à l’école ou de participer à différentes activités avec lui, ou encore au droit de se rendre au chevet d’un partenaire qui est hospitalisé. Toutefois, certains polyamoureux souhaitent obtenir des droits et des responsabilités liés à la parentalité des enfants, et pouvoir les considérer comme leurs propres enfants. Ce fut le cas récemment à Terre-Neuve où un juge a reconnu à trois adultes engagés dans une relation polyamoureuse le statut de parents, en considérant que c’était « dans le meilleur intérêt de l’enfant »((Michael MacDonald, « 3 Adults in Polyamorous Relationship Declared Legal Parents by N. L. court » dans CBC News (14 juin 2018). Lien : https://bit.ly/2u2F0O2)).

Quel serait votre point de vue si on ne vous avait pas expliqué dès votre jeune âge à quoi « devrait » ressembler une relation? Nous sommes tous et toutes influencés par la société dans laquelle nous avons grandi, et la monogamie a toujours été la réalité dominante sur les plans social et légal au fil de l’histoire canadienne. Dans le cadre de l’étude Perceptions of Polyamory in Canada publiée en 2017, à peine 16,7 % des polyamoureux interrogés croyaient que « les gens considèrent les relations polyamoureuses comme une structure familiale parfaitement légitime » [traduction]. Or, la situation pourrait changer si plus de gens avaient l’occasion de côtoyer des polyamoureux dans leur entourage et si ce type de relations bénéficiait d’une meilleure acceptation sociale.

À mon avis, la famille est formée de personnes qui s’aiment, qui s’entraident, qui se soutiennent mutuellement, et qui incitent les autres à offrir le meilleur d’elles-mêmes.

En réalité, bien qu’elles ne soient pas aussi bien comprises socialement, les relations polyamoureuses et d’autres formes de relations non monogames sont pourtant aussi anciennes que la monogamie. Les gens sont parfois mal à l’aise et craintifs devant ce qu’ils ne comprennent pas bien. Dès lors, peut-on envisager la fin des familles « traditionnelles »? Peut-on considérer que le polyamour représente une structure familiale émergente au Canada? Faudra-t-il modifier nos perceptions et nos structures sociales d’après le véritable sens du mot relation?

À mon avis, la famille est formée de personnes qui s’aiment, qui s’entraident, qui se soutiennent mutuellement, et qui incitent les autres à offrir le meilleur d’elles-mêmes. Si je retrouve tout cela chez ceux qui m’entourent, je n’ai que faire du titre qu’on voudra bien leur donner. Les mots ne suffisent pas à représenter toute la diversité des relations qui existent. Si la société manifestait plus d’ouverture pour permettre aux gens de définir leur relation en fonction d’eux-mêmes et d’exprimer toute leur authenticité, les familles polyamoureuses se sentiraient plus reconnues, plus respectées et plus concernées par le dialogue national sur les familles et la diversité familiale au Canada.

 

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Bénévole au sein de la collectivité, Sandee Lovas aime écrire et faire de nouvelles connaissances. Elle participe activement à diverses initiatives sociales, notamment celles qui incitent les femmes à s’engager en politique, qui favorisent la sensibilisation à la santé mentale, et qui invitent les gens à remettre en question les normes sociétales en ce qui a trait à l’expression de genre et aux modes de vie non traditionnels.

Publié le 24 juillet 2018




Faits vécus : La participation active des femmes d’origine ethnique au Canada

Emily Beckett

Les familles immigrantes représentent plus d’un cinquième de la population canadienne (22 %) et contribuent de manière unique et diversifiée à la vie dans les milieux de travail et les collectivités au pays((Pour en savoir davantage : Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada (février 2018))). Malheureusement, certaines d’entre elles ne bénéficient pas d’une pleine inclusion sociale; par conséquent, leurs talents, leur voix et leurs points de vue sont souvent négligés.

Afin d’accroître la conscientisation quant à la réalité de ces familles et pour favoriser leur inclusion, l’Institut Vanier de la famille a conclu un partenariat avec l’initiative New Canadian Media (NCM) dans le cadre d’une série d’articles sur la participation active des femmes d’origine ethnique en Ontario (Ethnic Women Are Full Participants in Ontario). Axés sur la situation des femmes immigrantes au Canada, ces textes mettent en relief leurs réalités diverses, notamment sur les questions touchant l’établissement au Canada, l’exploration professionnelle et le cheminement de carrière, la santé mentale, les soins familiaux, les liens intergénérationnels, la violence familiale, etc.

Vous trouverez ci-dessous le résumé de certains des articles de cette série ainsi que les liens pour y accéder (la liste complète des articles figure sur le site Web de New Canadian Media).

 

Ethnic Women Are Full Participants in Canada (en anglais seul.)

Summer Fanous

Cet article de Summer Fanous sur la participation active des femmes d’origine ethnique au Canada souligne les nombreux jalons franchis par les femmes pour faire entendre leur voix au Canada et ailleurs. Malgré des progrès importants, il persiste encore des obstacles à l’emploi et au leadership pour plusieurs femmes, et le statut d’immigrant risque d’accentuer ces difficultés. L’auteure signe le premier d’une série d’articles pour donner voix au chapitre aux femmes immigrantes au Canada afin de favoriser les progrès constants à cet égard.

 

Adapting to a New Country (en anglais seul.)

Sukaina Jaffer

Dans cet article sur l’adaptation à un nouveau pays, Sukaina Jaffer relate le parcours de plusieurs femmes immigrantes en Ontario, qui ont dû s’adapter à leur nouvelle vie. La transition et l’intégration à un nouveau pays supposent un certain nombre d’ajustements et de mesures d’adaptation complexes et diverses, qui tiennent notamment à la disparition d’un cadre culturel familier, à certains écarts climatiques importants pour les arrivants de régions plus tempérées, ainsi qu’aux obstacles culturels liés à la langue et au logement. Selon l’auteure, les cercles sociaux et le soutien sont souvent insuffisants, ce qui mine le bien-être financier des immigrantes nouvellement arrivées au Canada, comme en témoigne l’une d’entre elles, qui évoque ses difficultés à ouvrir et à administrer un centre de massothérapie à Toronto. Sukaina Jaffer souligne par ailleurs que l’information disponible s’avère bénéfique aux immigrants, tout comme l’accès à des ressources, à des programmes et à un réseau social dans leur nouvelle collectivité.

 

Getting Ahead: Taking the First Career Steps (en anglais seul.)

Jennilee Austria

Jennilee Austria signe cet article sur l’amorce d’une carrière professionnelle pour les immigrants en recherche d’emploi au Canada, en s’intéressant à quelques-uns des obstacles qui les guettent. Plusieurs immigrants doivent s’en remettre à des « emplois de survie » pour pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille, puisque certains employeurs refusent parfois de les embaucher faute d’« expérience canadienne » suffisante, sans égard à la formation et à l’expérience professionnelle acquises dans leur pays d’origine. Comme en témoignent les données de recherche, la difficulté de concilier les acquis et l’accès à l’emploi est fréquente parmi les immigrants : en 2011, parmi les femmes immigrantes de 24 à 35 ans ayant un diplôme d’une université hors du Canada ou des États-Unis, 43 % occupaient un poste nécessitant seulement des études secondaires (ou moins). Jennilee Austria constate que les programmes de mentorat ont joué un rôle central pour faire tomber divers obstacles pour les immigrants, en leur facilitant l’accès à des réseaux professionnels et en offrant aux participants la possibilité d’acquérir certaines compétences de « savoir-être » éventuellement utiles en milieu de travail.

 

Being Brown and Depressed (en anglais seul.)

Aparna Sanyal

Dans cet article sur la dépression et le racisme, Aparna Sanyal relate son expérience éprouvante en lien avec la maladie mentale, et raconte le manque généralisé de soutien ainsi que les microagressions raciales dont elle a été victime durant son intégration. L’auteure évoque la difficulté de trouver un emploi sûr à bon salaire dans son domaine, qui lui aurait procuré au surplus un milieu de travail stimulant et satisfaisant. Les sentiments d’isolement et d’aliénation sur les plans personnel et professionnel ont contribué à aggraver sa dépression chronique. Malgré ses nombreux symptômes, les professionnels de la santé de même que les policiers qu’elle a rencontrés ne lui ont proposé que peu de soutien ou de ressources pour faire face à ses difficultés.

 

Grandparents at Home: A Blessing

Asfia Yassir

La cohabitation au sein de ménages multigénérationnels est plus fréquente parmi les immigrants que chez leurs homologues nés au pays (comme l’illustre le document Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada). Dans cet article sur la présence bénéfique des grands-parents à la maison, Asfia Yassir met en relief les avantages de vivre sous le même toit que des aînés de la famille, en soulignant que les grands‑parents qui sont en mesure de s’occuper des tout-petits contribuent à alléger les frais de garde incombant aux parents. Du reste, dans le cas des nouveaux arrivants qui pourraient se sentir isolés, les grands-parents offrent aussi une présence rassurante et une source de répit. Même si les aînés nécessitent souvent plus de soins et de soutien que les autres membres de la famille, les immigrants considèrent en général que leur présence représente somme toute un avantage plutôt qu’un fardeau.

 

Ontario’s Caregivers: Double the Work, Half the Benefits (en anglais seul.)

Shan Qiao

Les membres de la famille sont souvent les premiers à fournir ou à superviser les soins et, dans certains cas, à en payer la note. Dans cet article sur le fardeau qui incombe aux aidants ontariens en dépit de certains compromis, Shan Qiao expose la situation de plusieurs femmes immigrantes ayant assumé une charge de soins auprès d’un membre de la famille, en soulignant que le fardeau accru à la maison risque aussi de peser sur le budget et de limiter le temps disponible à l’aidant pour se consacrer à d’autres responsabilités. Occuper un emploi à l’extérieur du foyer s’avère non seulement bénéfique pour les aidants sur le plan financier, mais aussi du point de vue affectif et psychologique. L’article illustre le cas d’une femme qui a tiré parti des programmes et des ressources du réseau de soins de santé pour assumer un rôle plus large que celui d’aidante auprès de son mari. Shan Qiao s’intéresse par ailleurs au double rôle qui revient aux femmes au sein de la famille lorsqu’il s’agit des soins. À l’instar de l’une des femmes citées dans cet article, de nombreuses autres se trouvent dans l’impossibilité d’assumer une pleine charge de soins auprès d’un membre de la famille.

 

Understanding the Roots of Abuse (en anglais seul.)

Tazeen Inam

Dans ce texte visant à mieux comprendre les racines de la maltraitance, Tazeen Inam évoque diverses réalités et statistiques relativement à la violence familiale dans les ménages d’immigrants au Canada, ainsi que les obstacles qui se posent à cet égard. Le nombre de femmes victimes d’homicide est en forte hausse depuis le début de 2018, alors que cinq femmes ont été tuées récemment en seulement six jours en Ontario. Que ce soit à cause de la dépendance financière, de la barrière linguistique ou d’une méconnaissance des ressources communautaires, certaines femmes immigrantes éprouvent plus de difficultés à bénéficier des ressources et d’un environnement sécuritaire, et sont parfois plus vulnérables aux situations de violence. Les récits de cas vécus sont susceptibles d’atténuer certains traumatismes et de consolider l’estime de soi chez les personnes ayant vécu des situations similaires.

 

La série Ethnic Women as Active Participants in Ontario propose une vingtaine d’articles, qui sont disponibles à partir du site Web de New Canadian Media.

 

Pour en savoir davantage au sujet de la diversité familiale et des familles immigrantes au Canada :

 


Emily Beckett est une auteure professionnelle et habite à Ottawa (Ontario).

Publié le 26 juin 2018




Faits et chiffres : les familles autochtones au Canada

L’Institut Vanier de la famille reconnaît et valorise la place des familles autochtones au Canada, qui portent toute la richesse et le dynamisme des nations vivant sur le territoire depuis des temps immémoriaux((Autorité sanitaire des Premières Nations (ASPN), « FNHA and the Truth and Reconciliation Commission Report » dans First Nations Health Authority Support for Truth and Reconciliation Recommendations (2015). Lien : https://bit.ly/2JsrmxC)). À l’heure d’engager un dialogue avec les communautés autochtones pour jeter les bases d’un ensemble de données qui serviront à étayer un processus décisionnel factuel, nous reconnaissons l’importante diversité des réalités et des expériences des peuples autochtones, notamment les familles des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Par conséquent, la présentation des données et des statistiques dans cette ressource est axée sur des groupes ciblés, dans la mesure du possible.

Comme toutes les familles du Canada, les familles autochtones se caractérisent par leur grande diversité et leur volonté de s’adapter ou de réagir aux tendances socioéconomiques, culturelles et contextuelles. Le document Faits et chiffres : les familles autochtones au Canada met en relief diverses données de Statistique Canada illustrant les réalités familiales propres aux Autochtones du Canada.

Quelques faits saillants((Pour plus de détails sur les sources d’informations, consultez le feuillet de renseignement.))…

  • En 2016, environ 977 000 Canadiens s’identifiaient aux Premières Nations, 758 000 aux Métis et 65 000 aux Inuits, soit des populations à croissance rapide qui devraient représenter collectivement 2,0 à 2,6 millions de personnes d’ici 2036.
  • En 2016, l’âge moyen parmi les Premières Nations (30,6 ans), les Métis (34,7 ans) et les Inuits (27,7 ans) au Canada était inférieur de près de dix ans à celui de leurs homologues non autochtones (40,9 ans).
  • En 2016, la proportion des enfants de 4 ans et moins vivant avec au moins un de leurs grands-parents était de 21 % chez les Premières Nations, de 11 % chez les Métis et de 23 % chez les Inuits (soit des proportions plus élevées que chez leurs homologues non autochtones, à 10 %).
  • En 2016, 23 % des Premières Nations, 9 % des Métis et 41 % des Inuits vivaient dans un logement surpeuplé, comparativement à 9 % chez leurs homologues non autochtones.
  • En 2016, plus de la moitié (51 %) de tous les enfants de 4 ans et moins en foyers d’accueil au Canada étaient Autochtones, même si ceux-ci ne représentaient que 7,7 % de tous les enfants de ce groupe d’âge.

 

Téléchargez le document Faits et chiffres : les familles autochtones au Canada (juin 2018), publié par l’Institut Vanier de la famille.

La terminologie employée pour désigner les peuples autochtones et leur identité est en constante évolution. Nous avons cherché à cerner et à privilégier la terminologie la plus actuelle tout en admettant qu’il existe toujours des préférences personnelles et diversifiées. Au fil de ce dialogue, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, à l’adresse : publications@institutvanier.ca.

Cette publication bilingue sera régulièrement mise à jour en fonction des nouvelles données. Souscrivez à notre infolettre mensuelle pour rester au fait des actualités et vous renseigner au sujet des publications, des projets et des initiatives de l’Institut Vanier.

 


Publié le 13 juin 2018




La Journée internationale des familles 2018 met l’accent sur les familles et les sociétés inclusives

Le 15 mai de chaque année, la Journée internationale des familles est l’occasion de souligner et de célébrer le rôle que jouent les familles dans la vie des individus, des communautés et de la société dans son ensemble. Les familles au Canada sont diversifiées, uniques, complexes et évolutives. Or, reconnaître et célébrer la diversité familiale est essentiel à la construction d’une société dans laquelle toutes les familles peuvent pleinement s’intégrer et s’épanouir, et la célébration de cette année, qui a pour thème « Familles et sociétés inclusives », sera l’occasion de réfléchir à cette importante réalité.

Depuis plus de cinquante ans, l’Institut Vanier de la famille s’emploie à observer, à étudier et à analyser les tendances touchant les familles et la vie de famille au Canada. Dès la première heure, le constat a toujours été sans équivoque : la réalité des familles est à visages multiples, puisque leur diversité n’a d’égal que celle des gens qui les composent.

Nos vies, nos milieux de travail et nos collectivités bénéficient de la participation unique de chacun de nos proches, que ce soit nos parents, nos enfants, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents, nos oncles et tantes, nos frères et sœurs, nos cousins et nos amis ainsi que nos voisins, partout au pays. Ensemble, ces personnes forment un canevas de relations où nos familles prennent vie, lesquelles se redessinent suivant l’adaptation progressive de leurs membres en réaction aux forces socioéconomiques, culturelles et contextuelles en présence.

Pour en savoir davantage au sujet de la diversité familiale au Canada, consultez les ressources ci-dessous qui proposent, selon diverses formules, des renseignements et des perspectives sur la famille et la vie familiale :

Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada (ressource statistique)

Aperçu statistique sur la diversité familiale au Canada, proposant un portrait élargi et plus détaillé des familles modernes au Canada, et de certaines tendances qui contribuent à définir notre paysage familial dynamique et en constante évolution.

La diversité familiale au Canada : mise à jour au Recensement de 2016 (fiche infographique)

Un profil de la diversité familiale au Canada, à partir de données sur les structures familiales, la réalité des familles, les modes de cohabitation ou encore les caractéristiques individuelles des membres de la famille, comme leurs antécédents ethnoculturels, leur statut d’immigrant, leur orientation sexuelle ou leurs aptitudes particulières.

Ligne du temps interactive sur les familles au Canada (ressource en ligne)

Cette ressource en ligne publiée par l’Institut Vanier met en lumière certaines tendances touchant divers volets, comme la maternité et la paternité, les relations familiales, les modes de cohabitation, les enfants et les aînés, la conciliation travail-vie personnelle, la santé et le bien-être, les soins familiaux, etc.

Les mots pour le dire : définir la famille dans la diversité sociale (article de Transition)

Le regretté Alan Mirabelli, ex-directeur général de l’Institut Vanier (volet administratif), traite de la diversité familiale, de la définition fonctionnelle de la famille préconisée par l’Institut, et des avenues favorables à l’inclusion.

Les couples modernes au Canada : recensement de 2016 (fiche infographique)

Sommaire statistique en deux pages à propos des couples modernes au Canada, proposant diverses données sur les différentes relations de couple, la parentalité, le travail et la famille, la diversité au sein des couples ou encore les tendances affectant les situations matrimoniales.

Andrew Solomon – La diversité, la différence, l’incapacité et les familles (vidéo)

Conférencier et auteur primé, Andrew Solomon, Ph. D., présente une conférence des plus inspirantes sur la diversité, la différence et l’incapacité à l’occasion de la Conférence sur les familles au Canada 2015.

La famille canadienne : redéfinir l’inclusion (vidéo)

Table ronde organisée en juin 2017 par l’organisme Racines de l’empathie (avec la participation de la directrice générale de l’Institut, Nora Spinks), qui réunissait divers leaders et éducateurs pour discuter de diversité, d’inclusion et des familles modernes au Canada.

La vie à la ferme et les familles au Canada (fiche infographique)

Bref portrait des familles d’agriculteurs et des changements qui les touchent depuis quelques décennies, notamment à partir de données démographiques sur les familles et les ménages d’agriculteurs de même que sur l’évolution de la conciliation travail-famille.

Coup d’œil sur les familles des militaires et des vétérans au Canada (ressource statistique)

Aperçu statistique des familles des militaires et des vétérans au Canada, à partir de données et d’études diverses sur la composition de ces familles et leurs relations familiales, et sur l’impact de la vie militaire pour leur bien-être.

Comme en témoignent les recherches, les données et les discussions présentées dans ces ressources, la diversité demeure l’une des caractéristiques centrales de la vie familiale, qu’il s’agisse des familles d’hier et d’aujourd’hui, ou de celles des générations à venir. En somme, cette réalité alimente le dynamisme de la société canadienne en pleine évolution.

Téléchargez cette liste de ressources.

Selon les mots de Son Excellence le très honorable David Johnston, ex-gouverneur général du Canada, à l’occasion de la Conférence sur les familles au Canada 2015 : « Les familles, peu importe leur origine ou leur composition, apportent une couleur nouvelle et particulière à la tapisserie canadienne diversifiée ».

 


Publié le 15 mai 2018