Appel de présentations, de résumés et d’affiches

Les 27 et 28 mars 2019 à Ottawa, en Ontario, l’Institut Vanier de la famille sera l’hôte de la Conférence sur les familles au Canada 2019 – une conférence nationale pancanadienne qui chapeautera plusieurs conférences régionales secondaires organisées conjointement avec des partenaires universitaires de partout au pays.

L’Institut Vanier procède actuellement à un appel de présentations, de résumés et d’affiches auprès des chercheurs provenant de disciplines, de milieux et de professions variés, afin qu’ils apportent leurs perspectives uniques lors d’importantes discussions sur la mesure et l’optimisation du bien-être de la famille dans un contexte où l’on a accès à de grands volumes de données (Big Data).

Téléchargez l’Appel de présentations, de résumés et d’affiches pour la Conférence sur les familles 2019

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Nous vivons dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, où nous bénéficions d’un accès incomparable aux données sur les familles et la vie de famille. Cette époque de « mégadonnées » (Big Data) influence significativement la recherche sur la population, qui est sans cesse alimentée par l’utilisation croissante des nouvelles sources de renseignements personnels (p. ex. : les documents et les services numérisés, les données provenant des appareils intelligents et des médias sociaux), par la capacité quasi illimitée à stocker des données (p. ex. : les réductions en termes de coûts et de dimensions des appareils, les augmentations parallèles), par les techniques améliorées de couplage des dossiers et par les programmes informatiques analytiques avancés qui peuvent apprendre grâce aux données en plus d’utiliser celles-ci pour réaliser des prévisions. Bref, les possibilités et les occasions d’analyser les données et de comprendre les familles au Canada n’ont jamais été aussi favorables.

L’analyse et la compréhension des diverses manières dont les familles interagissent avec les forces socioéconomiques, contextuelles et culturelles, et comment elles les influencent et réagissent à celles-ci, est une étape primordiale pour l’élaboration de politiques, de pratiques et de programmes inclusifs et efficaces visant à optimiser le bien-être de la famille.

Pour parvenir à bâtir un Canada où les familles peuvent s’intégrer à une société bienveillante et dévouée, et s’y épanouir en bénéficiant d’une économie solide et prospère, et d’une culture inclusive et dynamique, dans un environnement sécuritaire et viable, il faut d’abord et avant tout DE GRANDES IDÉES

DE GRANDES IDÉES pour apprendre sur les familles :

  • Étudier les familles et la vie de famille en faisant appel à diverses sources de données dynamiques, non conventionnelles et nouvelles (ainsi qu’à une combinaison de sources).
  • Adopter de nouvelles méthodes de recherche et favoriser des approches interdisciplinaires et intersectorielles afin de permettre une analyse enrichie.
  • Élargir notre compréhension de ce qu’est une « famille » pour s’assurer d’inclure diverses réalités et perspectives.

DE GRANDES IDÉES pour favoriser le bien-être de la famille :

  • Mesurer le « bien-être de la famille ».
  • Mettre sur pied les réseaux de recherche et de savoir nécessaires pour soutenir le développement de politiques, de pratiques et de programmes fondés sur des données factuelles et probantes.

Inspirés par le thème de cette année – VOYEZ GRAND! –, divers chefs de file de nombreux secteurs et disciplines qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles se rassembleront lors de la Conférence sur les familles 2019, pour deux journées vouées à la mise en commun du savoir en vue d’amorcer un dialogue inspirant.

Nous acceptons les propositions de présentations orales, de résumés et d’affiches pour un vaste éventail de thèmes/sujets reliés aux familles et à la vie de famille. Pour obtenir de plus amples renseignements, notamment la liste des thèmes/sujets, les critères de sélection et les coordonnées pour nous joindre, consultez l’Appel de présentations, de résumés et d’affiches qui peut être téléchargé ci-après. Veuillez partager!

Téléchargez l’Appel de présentations, de résumés et d’affiches pour la Conférence sur les familles 2019

Informez-vous, impliquez-vous, laissez-vous inspirer!

Courriel : FAM2019@institutvanier.ca
Twitter : @InstitutVanier#FAM2019
Facebook : www.facebook.com/FAM2019

 


Publié le 28 septembre 2018




Les familles au Canada : les parents s’organisent (mise à jour de septembre 2018)

En février 2018, le gouvernement fédéral a fait l’annonce, dans son budget, d’une nouvelle option de congé parental « à prendre ou à laisser » pour les nouveaux parents, qui accorderait cinq semaines additionnelles aux parents au Canada (y compris les parents adoptifs) qui choisiraient le congé parental traditionnel de douze mois, ou huit semaines à ceux qui opteraient plutôt pour la nouvelle option de congé de dix-huit mois. Alors que cette mesure devait initialement entrer en vigueur en juin 2019, le gouvernement fédéral a annoncé que la date d’effet avait été devancée au 17 mars 2019, ce qui signifie qu’environ 24 000 parents supplémentaires pourraient avoir accès aux prestations parentales.

L’Institut Vanier de la famille a colligé diverses données et statistiques récentes sur les questions touchant le travail, la famille et la parentalité d’aujourd’hui au Canada, afin de remettre les événements en contexte au sujet du rapport évolutif que suppose la conciliation travail-vie personnelle.

Vous trouverez ci-dessous des données et des renseignements actuels à propos des nouveaux parents (ou ceux qui attendent un enfant) au Canada et de l’évolution du contexte socioéconomique qui contribue à définir la vie de famille, et vice-versa.

Les nouveaux pères et les relations familiales

  • En 2016, 30 % de tous les nouveaux pères au Canada déclaraient avoir pris un congé parental ou en avoir l’intention (par rapport à seulement 3 % en 2000)((Statistique Canada, « Enquête sur la couverture de l’assurance-emploi, 2016 » dans Le Quotidien (15 décembre 2016). Lien : https://bit.ly/2R7aFsi)), ((Katherine Marshall, « Utilisation par les pères des congés parentaux payés » dans L’emploi et le revenu en perspective, no 75-001-X au catalogue de Statistique Canada (juin 2008). Lien : http://bit.ly/2qowqpg)).
    • Cette hausse à l’échelle nationale est principalement attribuable à l’augmentation marquée du nombre de pères qui bénéficient d’un congé au Québec, suivant l’instauration du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) en 2006.
      • En 2016, 80 % des pères québécois disaient avoir pris un congé parental ou en avoir l’intention (comparativement à 28 % en 2005)((Statistique Canada, « Enquête sur la couverture de l’assurance-emploi, 2016 » dans Le Quotidien (15 décembre 2016). Lien : https://bit.ly/2R7aFsi)).
      • Hors Québec, la proportion de nouveaux pères ayant bénéficié d’un congé parental (ou qui en avaient l’intention) est passée de 11 % à 13 % au cours de la même période((Statistique Canada, « Enquête sur la couverture de l’assurance-emploi, 2016 » dans Le Quotidien (15 décembre 2016). Lien : https://bit.ly/2R7aFsi)), ((Katherine Marshall, « Utilisation par les pères des congés parentaux payés » dans L’emploi et le revenu en perspective, no 75-001-X au catalogue de Statistique Canada (juin 2008). Lien : http://bit.ly/2qowqpg)).
  • En 2015-2016, 14 % des demandes de prestations parentales ont été faites par des hommes((Emploi et Développement social Canada, Le nouveau congé parental partagé de cinq semaines sera en vigueur dès mars 2019 (26 septembre 2018). Lien : https://bit.ly/2Q834II)).
  • D’après une étude parue en 2015, il existe un « impact important et persistant » au Québec dans les rapports hommes-femmes au cours des trois années suivant un congé de paternité en vertu du régime québécois((Ankita Patnaik, « “Daddy’s Home!” Increasing Men’s Use of Paternity Leave », document d’information préparé à l’intention du Council on Contemporary Families (2 avril 2015). Lien : http://bit.ly/1Igwa0Y)).
    • Les pères ayant pris un congé se sont par la suite montrés susceptibles de s’impliquer davantage dans les tâches ménagères (et ils y consacrent 23 % plus de temps).
    • En contrepartie, les mères se sont montrées plus susceptibles de participer au marché du travail. De plus, les pères québécois ayant bénéficié du RQAP passaient en moyenne une demi-heure de plus par jour à la maison comparativement aux pères hors Québec.
  • Selon une récente étude publiée par Statistique Canada, 41 % des répondants parmi les pères québécois affirmaient en 2015 avoir participé au nettoyage, à la lessive et à d’autres travaux ménagers le jour même (soit une moyenne beaucoup plus élevée que dans d’autres régions canadiennes, où ce taux oscillait entre 25 % et 35 %)((Patricia Houle, Martin Turcotte et Michael Wendt, « Évolution de la participation des parents aux tâches domestiques et aux soins des enfants de 1986 à 2015 » dans Mettre l’accent sur les Canadiens : résultats de l’Enquête sociale générale, no 89-652-X au catalogue de Statistique Canada (1er juin 2017). Lien : http://bit.ly/2qKJnuu)).

Les femmes, le travail et la famille

  • En août 2018, le taux de participation au marché du travail parmi les femmes de 25 à 54 ans se situait à environ 84 % (en hausse constante depuis 1976, alors à seulement 52 %)((Statistique Canada, Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d’âge détaillé, tableau CANSIM no 282-0002 (dernière mise à jour au 28 septembre 2018). Lien : https://bit.ly/2J8ag8M)).
  • En 2016, le taux de participation au marché du travail des mères dont le plus jeune enfant était âgé de moins de 6 ans se chiffrait à 73 % (par rapport à 36 % en 1976)((Institut canadien de la santé infantile, « Module 8, Section 2 : Taux d’activité de la population active » dans La santé des enfants et des jeunes au Canada : Un profil de l’ICSI. Lien : https://bit.ly/2xXBlTQ)).
  • En 2015, 69 % des familles formées d’un couple avec enfants comptaient sur deux soutiens (comparativement à 36 % en 1976)((Statistique Canada, Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d’âge détaillé, tableau CANSIM no 282-0002 (dernière mise à jour au 28 septembre 2018). Lien : https://bit.ly/2J8ag8M)).
  • Environ 85 % de toutes les demandes de prestations parentales au Canada sont faites par des femmes((Emploi et Développement social Canada, Le nouveau congé parental partagé de cinq semaines sera en vigueur dès mars 2019 (26 septembre 2018). Lien : https://bit.ly/2Q834II)).

Fécondité

  • En 2016, l’âge moyen des mères à la naissance d’un premier enfant au Canada était de 29,2 ans, comparativement à 25,6 ans en 1986((Claudine Provencher et autres, « Fécondité : aperçu, 2012 à 2016 » dans Rapport sur l’état de la population du Canada, no 91-209-X au catalogue de Statistique Canada (5 juin 2018). Lien : https://bit.ly/2DzQdxz)).
  • En 2016, le taux de fécondité total au Canada était de 1,54 enfant par femme, contre 1,59 en 1986((Claudine Provencher et autres, « Fécondité : aperçu, 2012 à 2016 » dans Rapport sur l’état de la population du Canada, no 91-209-X au catalogue de Statistique Canada (5 juin 2018). Lien : https://bit.ly/2DzQdxz)).
  • En 2016, le taux de fécondité parmi les femmes de 35 à 39 ans était de 56,0 pour 1 000 femmes, soit près de deux fois plus qu’en 2001 (alors à 35,7 pour 1 000 femmes)((Claudine Provencher et autres, « Fécondité : aperçu, 2012 à 2016 » dans Rapport sur l’état de la population du Canada, no 91-209-X au catalogue de Statistique Canada (5 juin 2018). Lien : https://bit.ly/2DzQdxz)).

 

Pour en savoir davantage au sujet du travail et de la famille au Canada :

Si vous souhaitez solliciter une entrevue avec la directrice générale de l’Institut Vanier, Nora Spinks, veuillez écrire à l’adresse suivante : lsteele@institutvanier.ca.

 


Publié le 26 février 2018

Mis à jour le 28 septembre 2018




Date à retenir : Conférence sur les familles au Canada 2019

Les 27 et 28 mars 2019 à Ottawa, Ontario, l’Institut Vanier de la Famille sera l’hôte de la Conférence sur les familles au Canada 2019 – une conférence nationale pancanadienne qui chapeautera plusieurs conférences régionales secondaires organisées conjointement avec des partenaires universitaires de partout au Canada.

Cette série d’évènements uniques et inclusifs rassemblera divers chefs de file de partout au pays qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles au Canada, pour deux journées vouées à la mise en commun du savoir en vue d’amorcer un dialogue inspirant.

INSCRIVEZ-VOUS à l’infolettre de la Conférence sur les familles au Canada 2019 pour connaître les mises à jour et les annonces concernant la Conférence sur les familles au Canada 2019.

Quand : 27 et 28 mars 2019

Où : Centre des congrès Infinity et virtuellement sur les campus universitaires participants à travers le Canada

Centre des congrès Infinity
2901, promenade Gibford
Gloucester (Ontario)  K1V 2L9

Voir sur Google Maps

 

Téléchargez la carte postale « Une date à retenir » de la Conférence sur les familles au Canada 2019 et partagez-la!

Demeurez à l’affût! De plus amples informations suivront bientôt, notamment le site Web de la Conférence sur les familles au Canada 2019 et de l’information sur l’inscription, les conférenciers, la trousse de commandite et plus encore!

 

Informez-vous, impliquez-vous, laissez-vous inspirer.

Courriel FAM2019@institutvanier.ca

Twitter : @InstitutVanier, #FAM2019

Facebook : www.facebook.com/FAM2019

 


Publié le 22 août 2018




Polyamour, diversité et vie de famille

Sandee Lovas

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Au cours des dernières décennies, le Canada a fait des progrès majeurs pour reconnaître et célébrer la diversité familiale au pays. Les connaissances au sujet de la famille ont évolué considérablement, tout comme la capacité de reconnaître et d’explorer la diversité des structures familiales en élargissant la manière de les définir et grâce au nombre croissant d’études réalisées par Statistique Canada. Cependant, les enquêtes comme le Recensement du Canada ou l’Enquête sociale générale ne brossent pas un tableau complet de la diversité familiale au Canada, notamment lorsqu’il s’agit de structures familiales moins répandues, comme les familles polyamoureuses.

En termes simples, les relations polyamoureuses sont des relations intimes impliquant plus d’un partenaire dans un cadre consensuel, en toute connaissance de cause du point de vue de tous les partenaires. Comme le soulignait une étude sur le polyamour au Canada publiée en 2017, les relations de ce type sont elles-mêmes très diversifiées :

La diversité des relations polyamoureuses dépend de leur niveau d’interdépendance et d’engagement, ainsi que des attentes de chacun concernant la fidélité affective et sexuelle. Certaines personnes peuvent être engagées simultanément dans des relations amoureuses avec plusieurs partenaires sans que ceux-ci entretiennent des liens particuliers entre eux, alors que d’autres vivent ces multiples relations en étant formellement engagés les uns envers les autres. Certains partenaires d’une relation peuvent entretenir parallèlement une relation dyadique ou polyamoureuse principale qui suppose un engagement à long terme, alors que d’autres membres vivent des relations secondaires moins engagées avec d’autres partenaires. Dans d’autres cas, des personnes participent à plusieurs relations parallèles sur une base plus sexuelle qu’affective, ce qui suppose moins d’attentes en matière d’interdépendance et d’engagement permanent((John-Paul E. Boyd, M.A., LL.B., Perceptions of Polyamory in Canada, Institut canadien de recherche sur le droit et la famille (décembre 2017). Lien : https://bit.ly/2q5teR8)) [traduction].

De nombreuses personnes n’ont aucune idée de ce que suppose le polyamour, ou considèrent qu’il s’agit d’une option peu réaliste. Le peu d’information fiable et de sources crédibles dont dispose le public sur cette question n’aide pas la cause. La plupart des renseignements disponibles proviennent de sources manifestant une incompréhension de la réalité du polyamour, notamment dans certains documents diffusés avec insistance pour décourager les gens de poser des questions ou de s’intéresser à cette option. Or, cette méconnaissance représente un terreau fertile aux idées fausses sur la réalité des polyamoureux.

On a tendance à mettre dans le même panier toutes les relations non monogames, en les affublant de facto d’une étiquette polyamoureuse. Il existe pourtant des distinctions importantes. Ainsi, les échangistes sont des couples qui souhaitent en fréquenter d’autres ou qui recherchent un troisième partenaire dans un but de nature sexuelle habituellement sans autres liens affectifs. Les personnes qui vivent une relation ouverte acceptent d’avoir des rapports sexuels en dehors de leur relation principale, généralement sans liens affectifs significatifs avec ces autres partenaires. Si les polyamoureux ne sont pas étrangers à ces types de relations, la principale différence, d’après mon expérience, réside dans le fait que le polyamour suppose des rapprochements et des liens affectifs avec plus d’une personne à la fois.

Métamoureux (metamour) : Ce terme désigne le partenaire de mon partenaire. Par exemple, l’épouse de mon amant, avec qui je n’entretiens aucune relation intime (et peut-être aucun lien d’amitié).

Polycule : Il s’agit du réseau où interviennent les relations d’une personne, habituellement ses partenaires immédiats, les conjoints de ses partenaires (métamoureux) et tous les enfants impliqués (autrement dit, sa famille).

Compersion : Ce terme désigne le sentiment de joie éprouvé devant le bonheur de quelqu’un d’autre, comme la joie ressentie en constatant le bonheur apparent d’un bambin. En contexte, il s’agit du sentiment éprouvé lorsqu’on se réjouit qu’un être aimé en aime un autre (par contraste avec la jalousie).

De mon point de vue, même si le polyamour est parfois associé à une sorte de « préférence » sexuelle, je considère plutôt que ça fait partie de mon orientation, un peu comme être gai, hétérosexuel ou bisexuel : plus qu’une préférence, c’est une expression franche de ma propre identité. En effet, pour la plupart des polyamoureux, ce n’est pas une question de choix.

Il n’existe que peu d’études et de données sur les familles polyamoureuses au Canada. En 2017, l’Institut canadien de recherche sur le droit et la famille a néanmoins publié deux rapports((Soit les deux rapports suivants : Perceptions of Polyamory in Canada (ci-dessus) et John-Paul E. Boyd, M.A., LL.B., Polyamorous Relationships and Family Law in Canada, Institut canadien de recherche sur le droit et la famille (avril 2017). Lien : https://bit.ly/2GDEcZq)) qui effleurent à peine la question pour faire écho à la réalité et à l’expérience de ces familles. La première de ces études souligne que les relations polyamoureuses reposent sur des idéaux et des principes égalitaires et qu’elles sont fondées « sur des arrangements clairs et honnêtes entre les partenaires, sur la bonne volonté et le respect réciproque de toutes les parties prenantes, sur une excellente communication interpersonnelle et sur des normes éthiques rigoureuses »((Ibidem)) [traduction]. Cette insistance sur la communication et l’honnêteté n’est pas surprenante puisque les modèles de rôle ou les « modes d’emploi » ne sont pas monnaie courante en ce qui concerne la réalité des polyamoureux. Étant donné que la majorité des gens ignorent tout simplement l’existence d’une telle option, comment sauraient-ils s’informer auprès des personnes qui ont vécu concrètement une telle relation?

Si la plupart des relations monogames sont régies dans une certaine mesure par des attentes et des normes sociales établies, il n’existe pas une telle « feuille de route » sociétale pour encadrer les relations polyamoureuses. Alors que les films, les séries télévisées et les livres privilégient généralement un idéal de la monogamie telle qu’elle « devrait être » (même si la réalité est tout autre), les médias de masse abordent souvent le polyamour sous un angle négatif ou tendancieux, où les protagonistes sont dépeints comme des personnes qui ne veulent que tromper leur partenaire, qui refusent de s’engager dans une relation sérieuse ou qui sont polygames par conviction religieuse.

Dans les faits, le polyamour s’installe souvent au fil du temps. Ce type de relation complexe repose sur certains aspects importants, comme la communication, l’honnêteté et les discussions entre les partenaires. Il n’existe pas de parcours « normal » d’une relation polyamoureuse pour ainsi dire, et les rôles des différents partenaires y sont moins clairement définis. Par conséquent, les partenaires sont souvent appelés à discuter de la répartition du temps et des tâches, et doivent communiquer régulièrement avec les autres pour suivre l’évolution des choses. La communication et l’honnêteté sont tout aussi importantes dans une relation monogame, mais on peut considérer qu’il y a moins à négocier puisque certains rôles « traditionnels » associés au genre y sont plus clairs, ou encore parce que les partenaires éviteront de parler des sentiments qu’ils éprouvent pour une autre personne.

Dans les faits, le polyamour s’installe souvent au fil du temps. Ce type de relation complexe repose sur certains aspects importants, comme la communication, l’honnêteté et les discussions entre les partenaires.

Les conversations entre les partenaires sont particulièrement importantes sur la question du budget familial, qui risque d’être compliquée même si tous les membres assument leur propre autonomie financière. Dans mon cas, je subviens à mes propres besoins financièrement, mais on peut penser qu’un ou plusieurs de mes partenaires souhaiteront m’aider si jamais j’éprouve des difficultés. Par ailleurs, si un ou plusieurs de mes partenaires ont eux-mêmes un budget serré, je ne voudrais pas qu’ils dépensent pour moi au détriment d’autres de leurs proches qui ont besoin d’argent. Il faut aussi négocier le temps à passer ensemble et, s’ils ont des enfants, il faudra également définir mon niveau d’engagement auprès de ceux-ci. Sans compter les discussions sur la façon dont nous souhaitons nous afficher publiquement : certaines personnes craignent de perdre des amis, des proches ou même leur emploi si leur relation polyamoureuse est mise au jour. Et lorsqu’une nouvelle personne se joint à la dynamique relationnelle, il faut en parler pour éviter toute interférence dans la relation existante, ou pour discuter des moyens de gérer la situation.

En outre, si la dynamique implique la présence d’enfants, les choses deviennent alors beaucoup plus compliquées((Voir « Le polyamour au Canada : étude d’une structure familiale émergente », qui s’intéresse à l’aspect légal des relations polyamoureuses dans les situations impliquant des enfants. Lien : https://bit.ly/2ucYHmy)). Personnellement, je préfère vivre seule et je ne ressens aucunement le besoin d’avoir des enfants. Par contre, il est possible que des partenaires éventuels soient mariés ou vivent avec quelqu’un d’autre, et qu’ils aient eux-mêmes des enfants. Il faudrait alors en discuter. Si j’avais un partenaire ayant des enfants et que mon aide puisse faciliter la vie de tout le monde, je n’hésiterais pas à donner un coup de pouce pour que mon partenaire puisse passer plus de temps avec eux, peut-être en allant les chercher à l’école, en les aidant pour les devoirs ou en organisant une fête d’anniversaire. En fait, je m’intéresserais aux enfants et je m’occuperais d’eux comme le ferait un « ami de la famille ».

Une autre question se pose : combien de personnes peuvent se marier (oui, les polyamoureux s’intéressent au mariage pour les mêmes motifs que les personnes monogames, sauf en ce qui concerne l’« exclusivité »). Il existe plusieurs scénarios à cet égard. Dans certains cas, trois personnes ou plus pourraient vouloir se marier, ou encore l’un des époux dans un couple marié pourrait vouloir se marier à une autre personne en dehors de leur relation (c’est-à-dire que A et B sont mariés, tout comme B et C, sans que A et C ne soient mariés et ne souhaitent le devenir). Faute de pouvoir se marier légalement puisque les lois sont fondées sur le principe de la monogamie, certains polyamoureux s’unissent dans le cadre d’une cérémonie symbolique (handfasting en anglais). Bien que cette cérémonie n’ait aucune valeur légale, les participants considèrent néanmoins qu’il s’agit bel et bien d’un mariage.

Dans le contexte social actuel, il serait sans doute nécessaire d’instaurer un statut de « tuteur reconnu » ou de « partenaire reconnu » pour témoigner de la légitimité de la relation, en octroyant certains droits aux partenaires sans les mêmes obligations qui incombent aux tuteurs ou aux conjoints reconnus légalement. On peut penser notamment à la possibilité d’aller chercher un enfant à l’école ou de participer à différentes activités avec lui, ou encore au droit de se rendre au chevet d’un partenaire qui est hospitalisé. Toutefois, certains polyamoureux souhaitent obtenir des droits et des responsabilités liés à la parentalité des enfants, et pouvoir les considérer comme leurs propres enfants. Ce fut le cas récemment à Terre-Neuve où un juge a reconnu à trois adultes engagés dans une relation polyamoureuse le statut de parents, en considérant que c’était « dans le meilleur intérêt de l’enfant »((Michael MacDonald, « 3 Adults in Polyamorous Relationship Declared Legal Parents by N. L. court » dans CBC News (14 juin 2018). Lien : https://bit.ly/2u2F0O2)).

Quel serait votre point de vue si on ne vous avait pas expliqué dès votre jeune âge à quoi « devrait » ressembler une relation? Nous sommes tous et toutes influencés par la société dans laquelle nous avons grandi, et la monogamie a toujours été la réalité dominante sur les plans social et légal au fil de l’histoire canadienne. Dans le cadre de l’étude Perceptions of Polyamory in Canada publiée en 2017, à peine 16,7 % des polyamoureux interrogés croyaient que « les gens considèrent les relations polyamoureuses comme une structure familiale parfaitement légitime » [traduction]. Or, la situation pourrait changer si plus de gens avaient l’occasion de côtoyer des polyamoureux dans leur entourage et si ce type de relations bénéficiait d’une meilleure acceptation sociale.

À mon avis, la famille est formée de personnes qui s’aiment, qui s’entraident, qui se soutiennent mutuellement, et qui incitent les autres à offrir le meilleur d’elles-mêmes.

En réalité, bien qu’elles ne soient pas aussi bien comprises socialement, les relations polyamoureuses et d’autres formes de relations non monogames sont pourtant aussi anciennes que la monogamie. Les gens sont parfois mal à l’aise et craintifs devant ce qu’ils ne comprennent pas bien. Dès lors, peut-on envisager la fin des familles « traditionnelles »? Peut-on considérer que le polyamour représente une structure familiale émergente au Canada? Faudra-t-il modifier nos perceptions et nos structures sociales d’après le véritable sens du mot relation?

À mon avis, la famille est formée de personnes qui s’aiment, qui s’entraident, qui se soutiennent mutuellement, et qui incitent les autres à offrir le meilleur d’elles-mêmes. Si je retrouve tout cela chez ceux qui m’entourent, je n’ai que faire du titre qu’on voudra bien leur donner. Les mots ne suffisent pas à représenter toute la diversité des relations qui existent. Si la société manifestait plus d’ouverture pour permettre aux gens de définir leur relation en fonction d’eux-mêmes et d’exprimer toute leur authenticité, les familles polyamoureuses se sentiraient plus reconnues, plus respectées et plus concernées par le dialogue national sur les familles et la diversité familiale au Canada.

 

Téléchargez le document Polyamour, diversité et vie de famille (PDF)


Bénévole au sein de la collectivité, Sandee Lovas aime écrire et faire de nouvelles connaissances. Elle participe activement à diverses initiatives sociales, notamment celles qui incitent les femmes à s’engager en politique, qui favorisent la sensibilisation à la santé mentale, et qui invitent les gens à remettre en question les normes sociétales en ce qui a trait à l’expression de genre et aux modes de vie non traditionnels.

Publié le 24 juillet 2018




Faits vécus : La participation active des femmes d’origine ethnique au Canada

Emily Beckett

Les familles immigrantes représentent plus d’un cinquième de la population canadienne (22 %) et contribuent de manière unique et diversifiée à la vie dans les milieux de travail et les collectivités au pays((Pour en savoir davantage : Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada (février 2018))). Malheureusement, certaines d’entre elles ne bénéficient pas d’une pleine inclusion sociale; par conséquent, leurs talents, leur voix et leurs points de vue sont souvent négligés.

Afin d’accroître la conscientisation quant à la réalité de ces familles et pour favoriser leur inclusion, l’Institut Vanier de la famille a conclu un partenariat avec l’initiative New Canadian Media (NCM) dans le cadre d’une série d’articles sur la participation active des femmes d’origine ethnique en Ontario (Ethnic Women Are Full Participants in Ontario). Axés sur la situation des femmes immigrantes au Canada, ces textes mettent en relief leurs réalités diverses, notamment sur les questions touchant l’établissement au Canada, l’exploration professionnelle et le cheminement de carrière, la santé mentale, les soins familiaux, les liens intergénérationnels, la violence familiale, etc.

Vous trouverez ci-dessous le résumé de certains des articles de cette série ainsi que les liens pour y accéder (la liste complète des articles figure sur le site Web de New Canadian Media).

 

Ethnic Women Are Full Participants in Canada (en anglais seul.)

Summer Fanous

Cet article de Summer Fanous sur la participation active des femmes d’origine ethnique au Canada souligne les nombreux jalons franchis par les femmes pour faire entendre leur voix au Canada et ailleurs. Malgré des progrès importants, il persiste encore des obstacles à l’emploi et au leadership pour plusieurs femmes, et le statut d’immigrant risque d’accentuer ces difficultés. L’auteure signe le premier d’une série d’articles pour donner voix au chapitre aux femmes immigrantes au Canada afin de favoriser les progrès constants à cet égard.

 

Adapting to a New Country (en anglais seul.)

Sukaina Jaffer

Dans cet article sur l’adaptation à un nouveau pays, Sukaina Jaffer relate le parcours de plusieurs femmes immigrantes en Ontario, qui ont dû s’adapter à leur nouvelle vie. La transition et l’intégration à un nouveau pays supposent un certain nombre d’ajustements et de mesures d’adaptation complexes et diverses, qui tiennent notamment à la disparition d’un cadre culturel familier, à certains écarts climatiques importants pour les arrivants de régions plus tempérées, ainsi qu’aux obstacles culturels liés à la langue et au logement. Selon l’auteure, les cercles sociaux et le soutien sont souvent insuffisants, ce qui mine le bien-être financier des immigrantes nouvellement arrivées au Canada, comme en témoigne l’une d’entre elles, qui évoque ses difficultés à ouvrir et à administrer un centre de massothérapie à Toronto. Sukaina Jaffer souligne par ailleurs que l’information disponible s’avère bénéfique aux immigrants, tout comme l’accès à des ressources, à des programmes et à un réseau social dans leur nouvelle collectivité.

 

Getting Ahead: Taking the First Career Steps (en anglais seul.)

Jennilee Austria

Jennilee Austria signe cet article sur l’amorce d’une carrière professionnelle pour les immigrants en recherche d’emploi au Canada, en s’intéressant à quelques-uns des obstacles qui les guettent. Plusieurs immigrants doivent s’en remettre à des « emplois de survie » pour pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille, puisque certains employeurs refusent parfois de les embaucher faute d’« expérience canadienne » suffisante, sans égard à la formation et à l’expérience professionnelle acquises dans leur pays d’origine. Comme en témoignent les données de recherche, la difficulté de concilier les acquis et l’accès à l’emploi est fréquente parmi les immigrants : en 2011, parmi les femmes immigrantes de 24 à 35 ans ayant un diplôme d’une université hors du Canada ou des États-Unis, 43 % occupaient un poste nécessitant seulement des études secondaires (ou moins). Jennilee Austria constate que les programmes de mentorat ont joué un rôle central pour faire tomber divers obstacles pour les immigrants, en leur facilitant l’accès à des réseaux professionnels et en offrant aux participants la possibilité d’acquérir certaines compétences de « savoir-être » éventuellement utiles en milieu de travail.

 

Being Brown and Depressed (en anglais seul.)

Aparna Sanyal

Dans cet article sur la dépression et le racisme, Aparna Sanyal relate son expérience éprouvante en lien avec la maladie mentale, et raconte le manque généralisé de soutien ainsi que les microagressions raciales dont elle a été victime durant son intégration. L’auteure évoque la difficulté de trouver un emploi sûr à bon salaire dans son domaine, qui lui aurait procuré au surplus un milieu de travail stimulant et satisfaisant. Les sentiments d’isolement et d’aliénation sur les plans personnel et professionnel ont contribué à aggraver sa dépression chronique. Malgré ses nombreux symptômes, les professionnels de la santé de même que les policiers qu’elle a rencontrés ne lui ont proposé que peu de soutien ou de ressources pour faire face à ses difficultés.

 

Grandparents at Home: A Blessing

Asfia Yassir

La cohabitation au sein de ménages multigénérationnels est plus fréquente parmi les immigrants que chez leurs homologues nés au pays (comme l’illustre le document Coup d’œil sur la diversité familiale au Canada). Dans cet article sur la présence bénéfique des grands-parents à la maison, Asfia Yassir met en relief les avantages de vivre sous le même toit que des aînés de la famille, en soulignant que les grands‑parents qui sont en mesure de s’occuper des tout-petits contribuent à alléger les frais de garde incombant aux parents. Du reste, dans le cas des nouveaux arrivants qui pourraient se sentir isolés, les grands-parents offrent aussi une présence rassurante et une source de répit. Même si les aînés nécessitent souvent plus de soins et de soutien que les autres membres de la famille, les immigrants considèrent en général que leur présence représente somme toute un avantage plutôt qu’un fardeau.

 

Ontario’s Caregivers: Double the Work, Half the Benefits (en anglais seul.)

Shan Qiao

Les membres de la famille sont souvent les premiers à fournir ou à superviser les soins et, dans certains cas, à en payer la note. Dans cet article sur le fardeau qui incombe aux aidants ontariens en dépit de certains compromis, Shan Qiao expose la situation de plusieurs femmes immigrantes ayant assumé une charge de soins auprès d’un membre de la famille, en soulignant que le fardeau accru à la maison risque aussi de peser sur le budget et de limiter le temps disponible à l’aidant pour se consacrer à d’autres responsabilités. Occuper un emploi à l’extérieur du foyer s’avère non seulement bénéfique pour les aidants sur le plan financier, mais aussi du point de vue affectif et psychologique. L’article illustre le cas d’une femme qui a tiré parti des programmes et des ressources du réseau de soins de santé pour assumer un rôle plus large que celui d’aidante auprès de son mari. Shan Qiao s’intéresse par ailleurs au double rôle qui revient aux femmes au sein de la famille lorsqu’il s’agit des soins. À l’instar de l’une des femmes citées dans cet article, de nombreuses autres se trouvent dans l’impossibilité d’assumer une pleine charge de soins auprès d’un membre de la famille.

 

Understanding the Roots of Abuse (en anglais seul.)

Tazeen Inam

Dans ce texte visant à mieux comprendre les racines de la maltraitance, Tazeen Inam évoque diverses réalités et statistiques relativement à la violence familiale dans les ménages d’immigrants au Canada, ainsi que les obstacles qui se posent à cet égard. Le nombre de femmes victimes d’homicide est en forte hausse depuis le début de 2018, alors que cinq femmes ont été tuées récemment en seulement six jours en Ontario. Que ce soit à cause de la dépendance financière, de la barrière linguistique ou d’une méconnaissance des ressources communautaires, certaines femmes immigrantes éprouvent plus de difficultés à bénéficier des ressources et d’un environnement sécuritaire, et sont parfois plus vulnérables aux situations de violence. Les récits de cas vécus sont susceptibles d’atténuer certains traumatismes et de consolider l’estime de soi chez les personnes ayant vécu des situations similaires.

 

La série Ethnic Women as Active Participants in Ontario propose une vingtaine d’articles, qui sont disponibles à partir du site Web de New Canadian Media.

 

Pour en savoir davantage au sujet de la diversité familiale et des familles immigrantes au Canada :

 


Emily Beckett est une auteure professionnelle et habite à Ottawa (Ontario).

Publié le 26 juin 2018