L’Institut Vanier de la famille : la courte histoire

« L’Institut Vanier de la famille peut se comparer à une Commission royale mise sur pied pour enquêter sur les familles du Canada et apprendre tout ce qu’il faut savoir sur elles dans un monde en mutation. Mais, étant donné que le besoin de connaissances et d’enquêtes continuera aussi longtemps que nous existerons, cette Commission royale poursuivra indéfiniment ses travaux. » [traduction]
– Gouverneur général Georges Vanier, allocution donnée à Sydney, en Nouvelle-Écosse, le 25 mai 1966 (extrait du livre Soldat, diplomate et gouverneur général [traduction] par Robert Speaight)

Les premiers pas (1965-1970)

L’Institut Vanier de la famille a été fondé en 1965 dans le sillage de la Conférence canadienne sur la famille, organisée à la résidence du gouverneur général par Son Excellence le très honorable général Georges P. Vanier et Mme Pauline Vanier. Cette conférence inaugurale réunissait des femmes et des hommes distingués de tous les paliers de la société, chacun sachant que la contribution des familles est d’une importance vitale et façonne le monde dans lequel nous vivons.

Lors de la création de cet organisme durable et dédié à la cause de notre société par le biais de la famille, la vision du très honorable général Georges P. Vanier était soutenue par le leadership du neuroscientifique canadien réputé, le Dr Wilder Penfield. Son engagement envers le rôle de l’Institut Vanier de la famille reposait sur sa croyance selon laquelle les familles façonnent qui nous sommes en tant qu’individus, et constituent ainsi une pierre d’assise de notre société.

En combinant la vision de M. Vanier, la détermination du Dr Penfield et le soutien du premier ministre Lester B. Pearson, un héritage a été créé pour les familles d’un bout à l’autre du Canada. L’expression concrète de cet héritage a pris la forme d’un fonds de dotation représentant la générosité des gouvernements, des fondations, des entreprises, des groupes religieux et des individus. Bien investis, ces fonds ont fructifié au fil des ans et continuent de soutenir le programme au cœur de l’Institut Vanier.

Cette vision et cette détermination furent complétées par la contribution de l’un des principaux fondateurs de l’Institut Vanier, le Dr Frederick Elkin. En 1964, ce dernier a étudié l’étendue des connaissances sur les familles du Canada afin de créer le texte, qui est devenu un classique, intitulé La famille au Canada, un compte rendu du savoir actuel et des lacunes à combler à propos des familles au Canada, qui fut une ressource-clé lors de la Conférence canadienne sur la famille.

Pendant ses premières années d’existence, l’Institut Vanier cherchait à combler certaines des lacunes de connaissances qu’avait relevées le Dr Elkin dans le cadre de ses recherches, et ce processus a permis de révéler de nouvelles avenues d’investigation, qui ont mené aux premières études canadiennes sur la violence familiale, les familles monoparentales, la diversité des familles, le divorce, et plus encore. Les apprentissages découlant de ces études ont préparé l’Institut Vanier à surpasser le stade de la connaissance pour prendre part pour la première fois à des discussions portant sur des politiques et des cadres législatifs sur divers sujets, comme la réforme du droit de la famille, la législation relative au divorce et les politiques d’immigration.

La fleur de l’âge (1971-2010)

Les travaux exploratoires et les études préparatoires réalisés au cours des premières années ont mené à la formulation, en 1972, de deux affirmations principales par la directrice générale de l’Institut Vanier de l’époque, Beryl Plumptre, à savoir :

  • L’Institut Vanier de la famille doit s’intéresser de près à la vie de famille dans toute sa diversité, c’est-à-dire non pas à l’idéal familial, mais plutôt à la réalité des gens.
  • L’Institut Vanier doit s’intéresser à la façon dont les familles et les structures sociales environnantes interagissent.

Depuis lors, et à partir de ces principes, l’Institut Vanier s’est établi comme une voix indépendante pour les familles au Canada. Dirigé par son conseil d’administration, qui s’appuie sur l’engagement et les compétences des Canadiens de tous les horizons et de toutes les régions du pays, l’Institut Vanier a travaillé, dans les deux langues officielles, en collaboration, et en leur nom, avec ceux qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles (notamment, les chercheurs, les représentants élus, les décideurs politiques et les analystes, les enseignants, les étudiants, les agences de services s’adressant à la famille, les entreprises et les organismes non gouvernementaux).

Dans ses efforts visant à attirer l’attention sur l’importance et la signification de la vie de famille, l’Institut Vanier a, au fil des ans, observé les modèles évolutifs de la formation et du fonctionnement de la famille. Ce faisant, l’Institut a adopté la définition de la famille qui suit afin d’orienter tant sa recherche que son analyse des politiques. D’après cette définition, qui est aujourd’hui citée en exemple et largement reconnue, on entend par famille :

… toute combinaison de deux ou plusieurs personnes liées entre elles par des liens de consentement mutuel, de naissance, d’adoption ou de placement et qui, ensemble, assument à divers degrés la responsabilité des éléments suivants, ou de certains d’entre eux :

– Soutien et soin des membres du groupe sur le plan physique;
– Ajout de nouveaux membres par la procréation ou l’adoption;
– Socialisation des enfants;
– Encadrement des membres de la famille en société;
– Production, consommation et distribution de biens et services;
– Soutien affectif – amour.

Cette définition inclusive et fonctionnelle de la famille met l’accent non seulement sur l’image que présentent les familles, mais aussi sur ce qu’elles font pour servir chacun de leurs membres ainsi que la société dans son ensemble. Cette définition est axée sur le travail et les accomplissements de ces personnes qui s’engagent les unes envers les autres pour une période indéterminée – sur ce qu’elles font, indépendamment de leur lieu de résidence ou de leur lien de parenté. C’est une définition qui reconnaît et respecte la diversité des relations qui existent dans toutes les familles, notamment les familles nouvellement installées au Canada, les familles LGBTQ2I+; les familles touchées par l’incapacité; les couples avec et sans enfants; tous les modèles de parentalité qui existent; les diverses familles (biparentales; avec parent seul, coparent ou parent principal; les familles reconstituées ou recomposées; les familles d’accueil, les familles sans génération intermédiaire, etc.); les familles affectées par l’incarcération, les familles qui ont vécu de la violence, un traumatisme, un déplacement, etc.; les familles de militaires et de vétérans; les liens et les engagements qui rapprochent les frères et sœurs; les familles choisies; ainsi que les obligations et les liens d’affection qui unissent les jeunes et les moins jeunes au cours de leur vie.

Suivant les affirmations formulées par Mme Plumptre en 1972, l’Institut Vanier a cherché à comprendre et à mettre l’accent sur l’interrelation qui relie l’ensemble des pratiques et des institutions économiques, politiques, sociales, technologiques et culturelles pour former le contexte au sein duquel les membres de la famille s’affairent à remplir leurs obligations les uns envers les autres ainsi qu’envers la communauté en général. L’Institut Vanier évalue de quelle manière ces pratiques institutionnelles favorisent ou entravent le bien-être des personnes, des familles, des communautés et, en fin de compte, du pays en entier.

Les domaines d’intérêt comprennent, notamment :

  • La diversité des structures familiales (y compris les tendances en matière de mariage, de divorce, d’unions de fait, de remariage, d’adoption, de fécondité et de taille de la famille, de grossesse et de parentalité précoces, de diversité ethnique, de modèles de constitution et de fonctionnement de la famille, de mobilité géographique, d’appartenance religieuse, de familles reconstituées, etc.);
  • Le changement démographique, le vieillissement de la société, les relations intergénérationnelles et les priorités politiques intergénérationnelles;
  • Les modèles historiques de constitution et de fonctionnement de la famille;
  • La famille comme éducatrice et l’éducation à la vie de famille;
  • L’évolution du droit de la famille;
  • Le fonctionnement de la famille et l’apport économique (y compris les tendances en matière de revenus familiaux, de dépenses, d’épargne et d’endettement, ainsi que de patrimoine et l’avoir net; la participation des hommes et des femmes à la population active; la signification de la production informelle à l’échelle nationale et communautaire; l’emploi/le chômage ou la participation au marché du travail; la pauvreté infantile et familiale; les emplois atypiques);
  • L’emploi du temps parmi les membres de la famille au Canada et le stress lié au temps;
  • La gestion du travail et de la famille du point de vue de l’employé et de l’employeur;
  • Les effets des médias et des autres technologies sur les modèles d’interaction familiale.

En mettant de tels thèmes au cœur de sa programmation, l’Institut Vanier est devenu la principale source de renseignements et de connaissances sur les tendances familiales pour la société canadienne. L’Institut Vanier a fourni à ceux qui s’emploient à consolider et à soutenir les familles, une multitude d’observations et d’interprétations sur les tendances familiales et sur les défis qui attendent les familles.

L’Institut Vanier de la famille de nos jours (2011-2019)

En 2014, le conseil d’administration de l’Institut Vanier de la famille a renouvelé son angle de vision ainsi que sa mission en s’engageant à comprendre la vie de famille au Canada, les familles elles-mêmes ainsi que leurs réalités, leurs attentes et leurs aspirations.

L’Institut Vanier de la famille est un organisme qui œuvre au service de l’intérêt public par le biais d’une éducation publique.

Pour parvenir à atteindre les objectifs de ses programmes, de ses projets et de ses événements, l’Institut Vanier doit assurer un contrôle judicieux de ses ressources financières. Il cherche continuellement à accroître les revenus de son fonds de dotation en faisant appel à d’autres fonds provenant de bailleurs de fonds externes qui souhaiteraient contribuer au fonds de dotation, dans le but de soutenir les budgets globaux ou pour commanditer un projet ou un programme d’activité spécifique.

L’Institut Vanier : une ressource nationale

Chaque année, l’Institut Vanier répond à des centaines de demandes d’entrevues médiatiques et de renseignements provenant d’enseignants, d’étudiants, de chercheurs, d’analystes des politiques et de membres du public. Si l’Institut Vanier est reconnu comme une ressource nationale en matière de renseignements et de perspectives sur les familles, c’est parce qu’il s’appuie sur des décennies de recherche, de mobilisation du savoir et de collaboration avec ceux qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles – un ensemble de connaissances qui sert de fondement solide pour ses diverses publications.

Partenariats et collaborations

L’Institut Vanier a également bénéficié de la collaboration de nombreux groupes communautaires, d’organismes non gouvernementaux et d’associations professionnelles de portée nationale. Entre autres, l’Institut Vanier a collaboré sur divers projets avec :

  • des organismes communautaires
  • les Forces armées canadiennes
  • les médias
  • les gouvernements fédéral et provinciaux
  • des collèges et des universités
  • des bailleurs de fonds, des commanditaires, des collaborateurs et des supporteurs
  • Statistique Canada
  • des employeurs et des organisations syndicales
  • des communautés religieuses

 

Assises financières

En mettant en œuvre les activités de son programme, l’Institut Vanier a bénéficié du soutien et de la collaboration de plusieurs personnes, de groupes communautaires, de sociétés commanditaires, et de fondations et de ministères gouvernementaux, tant fédéraux que provinciaux (ressources financières, ressources humaines, ressources techniques, ressources matérielles et autre soutien direct et appui non financier).

La principale source de financement de l’Institut Vanier vient des revenus issus de son fonds de dotation. Le fonds de dotation est administré par un gestionnaire de portefeuille, présentement Beutel Goodman, et le dépositaire du fonds est RBC Services aux investisseurs.

Sur une base annuelle, le conseil passe en revue l’ensemble des besoins budgétaires pour l’année à venir. En vertu de la valeur moyenne flottante du portefeuille dans le marché sur cinq ans, un pourcentage est appliqué à cette moyenne, et ce montant devient la somme utilisable du fonds de dotation pour l’année suivante.

L’Institut Vanier dispose également d’une variété de fonds assortis ou non de conditions qui soutiennent le programme, l’innovation du programme et la mise en œuvre de la stratégie.

Fonds spéciaux

L’Institut Vanier a soutenu la recherche grâce à de l’aide financière provenant de diverses sources externes (commandites, subventions, contributions, dons philanthropiques, etc.).

Au cours des années, de nombreuses publications de recherche ont été financées par le Fonds Glossop (Lawson), nommé d’après le Dr Robert G. Glossop, directeur général à la retraite des programmes et de la recherche de l’Institut Vanier. Ce fonds est le résultat d’une subvention de 100 000 $ versée à l’Institut Vanier par le Dr Glossop lorsque la Fondation Lawson lui a décerné en 2005 le prix Lifetime Achievement pour sa contribution extraordinaire à la compréhension des familles et de la vie de famille au Canada. Les récipiendaires de ce prix recevaient une subvention de 100 000 $ à offrir à l’organisme de bienfaisance canadien de leur choix afin de contribuer à consolider l’ensemble du savoir relatif à leur domaine, et le Dr Glossop a dédié les fonds à l’Institut Vanier.

Fonds familiaux et fonds de sociétés assortis ou non de conditions

Créés au moyen de dons minimums de 5 000 $, sur une durée de 5 ans ou moins, non portés au fonds de dotation.

  • Fonds de legs de la famille Jean et May Fournier, établi en 2011 dont l’utilisation demeure à la discrétion de la directrice générale;
  • Fonds de legs de Bryan H. Spinks, établi en 2012 dont l’utilisation demeure à la discrétion de la directrice générale;
  • Fonds de la famille Gannon, établi en 2013 dont l’utilisation demeure à la discrétion de la directrice générale;
  • Fonds Beutel Goodman, établi en 2015 dont l’utilisation demeure à la discrétion de la directrice générale;
  • Fonds Alan-Mirabelli pour la créativité et l’innovation, établi en 2017, pour l’innovation du programme tel que déterminé par la directrice générale.

Rétrospective et perspectives

Il y a plus de cinquante ans, le très honorable Georges P. Vanier et Mme Pauline Vanier ont imaginé un organisme qui serait voué à comprendre les familles au Canada, ainsi qu’à transmettre cette compréhension. Cette vision, alliée à l’engagement des concepteurs fondateurs, de l’équipe du personnel et des bénévoles de toutes les régions du pays, constitue la solide pierre d’assise sur laquelle l’Institut Vanier ne cesse de grandir. Au cours du demi-siècle qui a suivi, le « portrait familial » du Canada a connu de grands changements, mais l’importance des familles est demeurée; l’Institut Vanier demeure lui aussi plus que jamais engagé à poursuivre cette œuvre alors qu’il continue de promouvoir la compréhension nationale des familles au Canada.