Gaby Novoa et Nathan Battams

(22 juin 2020) Les familles connaîtront un été 2020 exceptionnel, alors que les collectivités de l’ensemble du pays continuent prudemment d’assouplir les mesures et les restrictions instaurées par la santé publique, et que les familles doivent composer avec d’importantes transitions à la fois à la maison, au travail et dans leur collectivité.

De nombreux parents travaillent à domicile pour la première fois, et cela peut certes présenter certains défis. Mais c’est aussi pour eux l’occasion de passer plus de temps avec leurs enfants et de les encourager à adopter des comportements sains en matière d’activité physique, ce qui, après des mois d’isolement physique, sera probablement bien accueilli par plusieurs.

L’incertitude amène les familles à revoir leurs projets de vacances

Les gens prennent généralement leurs décisions familiales en fonction du contexte et des options qui s’offrent à eux. Or, la pandémie de coronavirus et les mesures de santé publique ont eu un impact sur ces deux éléments de réflexion. En raison de divers facteurs liés à la pandémie – notamment l’insécurité financière, le besoin ou le désir de rester à proximité du domicile pour une meilleure conciliation travail-famille, la persistance de certaines restrictions en termes de mobilité et l’incertitude quant au retour à certaines restrictions –, il n’est pas surprenant que parmi les parents interrogés à la fin d’avril, près de 6 sur 10 (59 %) aient déclaré avoir changé leurs projets de vacances en raison de la pandémie, et que 72 % d’entre eux aient affirmé qu’ils ne prendraient probablement pas de vacances cette année.

Les enfants et les jeunes devront également revoir leurs projets et leurs activités, car de nombreux camps d’été ainsi que plusieurs activités, comme la pratique de certains sports organisés, ont été reportés ou annulés. Bien que l’ouverture de certains organismes soit prévue ou annoncée sous peu, l’effet de la pandémie sur les finances familiales pourrait dissuader certains parents d’y inscrire leurs enfants, alors qu’ils doivent gérer prudemment leurs dépenses. D’autres, pour leur part, éviteront peut-être d’envoyer leurs enfants où que ce soit pour des raisons de santé ou d’anxiété, en particulier si leurs enfants présentent une immunodéficience.

Comme un plus grand nombre de familles passeront du temps à la maison cet été, leurs projets ayant été modifiés pour s’adapter à la situation, ce sera l’occasion pour de nombreuses familles de s’adonner ensemble à diverses activités physiques et de plein air.

Le soutien des familles joue un rôle essentiel sur le niveau d’activité physique des enfants

Comme l’indique le document L’influence de la famille : Le Bulletin 2020 de l’activité physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION publié récemment, moins d’un enfant ou d’un jeune sur cinq au Canada atteint les directives nationales en matière d’activité physique, de comportement sédentaire et de sommeil1. Le rapport souligne le rôle des familles dans la promotion de saines habitudes de vie dans sa Déclaration de consensus, élaborée par un groupe d’experts multidisciplinaire national :

Les familles peuvent faire en sorte que les enfants et les jeunes atteignent les recommandations en matière d’activité physique, de comportement sédentaire et de sommeil. Comment? En facilitant et en encourageant ces comportements, en étant des modèles, en établissant des attentes et en adoptant des comportements sains avec eux; l’influence de la famille ne fait pas de doute. Pour les soutenir dans leur cheminement, les familles peuvent compter sur d’autres sources importantes d’influence, dont les garderies, les écoles, les établissements de soins de santé, les communautés et les gouvernements2.

Selon le rapport, le niveau d’activité physique des jeunes est fortement influencé par le soutien social de la famille, particulièrement durant la petite enfance. Ce soutien s’avère encore plus efficace lorsque des approches autorégulatrices sont adoptées et que des actions spécifiques sont mises de l’avant, comme le fait de se fixer des objectifs ensemble. Des études ont démontré que les parents qui établissent des plans clairement définis – à savoir comment, quand, où – en vue d’encourager les comportements sains en matière de mouvement chez leurs enfants, sont plus susceptibles de les suivre. En tant que modèles, les parents peuvent avoir un impact significatif : chaque période supplémentaire de 20 minutes d’activité physique des parents est associée à 5 minutes supplémentaires d’activité physique quotidienne pour leurs enfants3.

Le jeu en plein air et le lieu de résidence sont liés au bien-être

De plus en plus de recherches témoignent d’un lien entre le bien-être et l’accès aux parcs et aux espaces verts. En 2017, la majorité des ménages au Canada (87 %) ont affirmé habiter à moins de 10 minutes d’un parc, et la plupart de ces ménages (85 %) ont dit l’avoir visité au cours de la dernière année. Parmi les ménages qui disaient ne pas habiter à proximité d’un parc (13 %), 39 % ont néanmoins déclaré avoir visité un parc ou un espace vert au cours des 12 mois précédents4.

Les recherches ont montré que certaines composantes de l’environnement bâti d’un quartier peuvent avoir un impact sur le temps passé par les enfants à jouer en plein air, alors qu’une circulation réduite ainsi que l’accès à une cour et aux espaces verts du quartier sont associés à plus de temps passé par les enfants à jouer dehors, comme l’indique une étude5.

Une étude de Statistique Canada a permis de révéler un lien étroit entre le temps passé à l’extérieur et le niveau d’activité physique chez les enfants, ainsi qu’une incidence positive sur leur santé psychosociale et une probabilité plus faible qu’ils éprouvent des problèmes dans leurs relations avec des pairs6. Plus du tiers (36 %) des parents interrogés ayant des enfants de 5 à 17 ans ont déclaré jouer à des jeux actifs avec leurs enfants7. Depuis le début de la pandémie, près des deux tiers (62 %) des jeunes au Canada ont déclaré faire de l’exercice à l’extérieur8.

Le jeu en plein air peut favoriser le sentiment de liberté, le plaisir, la créativité, en plus de renforcer les compétences et la confiance en soi9. Qu’il s’agisse de marcher dans un parc, de jouer dans la cour ou de faire du jogging, le fait de passer du temps en plein air et d’adopter des comportements sains en famille peut jouer un rôle important sur l’activité physique et le mieux-être, et ce, en tout temps. Mais cela est particulièrement important en cette période où les familles doivent continuer à composer avec la pandémie de COVID‑19 et avec les façons nouvelles ou adaptées de se réunir.

Gaby Novoa est responsable des communications à l’Institut Vanier de la famille.

Nathan Battams est gestionnaire des communications à l’Institut Vanier de la famille.


Notes

  1. ParticipACTION, Bulletin 2020 de l’activité physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION (17 juin 2020). Lien : https://bit.ly/3fA0Uyq
  2. Ibidem
  3. Ibidem
  4. Gordon Dewis, « Accès aux parcs et aux espaces verts et utilisation de ceux-ci : les répercussions possibles de la COVID‑19 sur les ménages canadiens » dans La COVID-19 : sous l’angle des données (9 juin 2020). Lien : https://bit.ly/2UWG6sV
  5. Amalie Lambert et autres, « What Is the Relationship Between the Neighbourhood Built Environment and Time Spent in Outdoor Play? A Systematic Review » dans International Journal of Environmental Research and Public Health (11 octobre 2019). Lien : https://bit.ly/2N8nan1
  6. Richard Larouche et autres, « Temps passé dehors, activité physique, sédentarité et indicateurs de la santé chez les enfants de 7 à 14 ans : Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2012-2013 » dans Rapports sur la santé, no 82-003-X au catalogue de Statistique Canada (21 septembre 2016). Lien : https://bit.ly/3fA1SL4
  7. ParticipACTION, Un corps actif pour un cerveau en santé : la formule gagnante! L’édition 2018 du Bulletin de l’activité physique chez les jeunes de ParticipACTION (2018). Lien : https://bit.ly/2YdHlWQ
  8. Rubab Arim, Leanne Findlay et Dafna Kohen, « Les répercussions de la COVID-19 sur la santé et le comportement des jeunes : résultats de la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes 1 » dans La COVID-19 : sous l’angle des données (15 mai 2020). Lien : https://bit.ly/2YQh2VB
  9. Lambert et autres

Programme de développement durable à l’horizon 2030 – Objectifs de développement durable (ODD)

En 2015, le Canada et les 192 autres États membres des Nations Unies, réunis lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030, un cadre général de mesures reposant sur 17 objectifs de développement durable (ODD) qui tient compte des dimensions sociales, économiques et environnementales du développement durable.

La présente ressource, sous forme d’article de blogue, est associée aux ODD suivants (cliquez sur les icônes pour consulter d’autres textes de l’Institut Vanier portant sur l’objectif concerné) :


Publié le 22 juin 2020