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La famille compte 2024 : nouvelle ressource sur la structure des familles, disponible dès maintenant

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La famille compte 2024 est disponible dès maintenant.

Projets

La famille compte 2024

Cette nouvelle ressource de l’Institut Vanier explore l’évolution, la continuité et la complexité des familles au Canada au cours des trois dernières décennies. Publié à l’occasion du 30e anniversaire de l’Année internationale de la famille, le rapport La famille compte 2024 brosse un portrait statistique des familles au pays, en plus de mettre en relief les tendances au fil du temps et leur incidence sur les familles et la vie de famille.

Chapitre 8 – Les ménages multigénérationnels sont parmi ceux qui affichent la croissance la plus rapide

Les ménages multigénérationnels (qui abritent trois générations ou plus) n’ont jamais représenté un mode de cohabitation dominant au Canada. Ils représentent toutefois l’un des types de ménage ayant connu la croissance la plus rapide au cours des dernières décennies.

En 2021, le Canada comptait plus de 442 000 ménages multigénérationnels1 abritant 2,4 millions de personnes, soit 6,4 % de la population totale2. Leur nombre a augmenté de 21,2 % depuis 2011, soit bien plus que l’augmentation globale de 12,4 % pour tous les types de ménages1. La proportion d’enfants de moins de 15 ans qui vivent avec leurs grands-parents a augmenté, passant de 8,5 % en 2011 à 9,1 % en 2021 (93,3 % d’entre eux vivant dans des ménages multigénérationnels)2.

Les données du Recensement de 2021 montrent que les familles autochtones et immigrantes – deux groupes de la population à croissance démographique plutôt rapide – sont plus susceptibles que le reste de la population de vivre au sein de ménages multigénérationnels. En 2021, c’étaient les provinces et territoires présentant des proportions relativement plus élevées d’enfants autochtones et/ou immigrants de moins de 15 ans qui affichaient les pourcentages les plus élevés d’enfants vivant avec leurs grands-parents. Il s’agissait notamment du Nunavut (21,3 %), de la Colombie-Britannique (13,1 %), de l’Ontario (11,8 %) et des Territoires du Nord-Ouest (9,4 %)3. Les régions métropolitaines de recensementa comportant les plus fortes proportions de ménages multigénérationnels accueillaient également parmi les pourcentages les plus élevés de nouveaux arrivants. C’était notamment le cas à Abbotsford-Mission (22 %), à Brampton (28 %) et à Markham (23 %).

En 2021, 10,4 % des enfants de moins de 5 ans vivaient avec au moins un grand-parent3. Cette proportion était plus de deux fois plus élevée chez les enfants des Premières Nations (19,7 %) et des Inuits (24,6 %) que chez les enfants non autochtones (9,8 %). Parmi les enfants métis de ce groupe d’âge, 9,4 % vivaient avec au moins un grand-parent.

La probabilité plus élevée chez les familles immigrantes et autochtones de vivre au sein d’un ménage multigénérationnel reflète le nombre limité d’options dont elles disposent. La plupart des familles immigrantes s’installent d’abord dans les grands centres urbains, où les prix des logements ont tendance à être plus élevés. En 2021, les ménages multigénérationnels étaient le type de ménage le plus répandu parmi les Premières Nations qui vivaient dans un logement surpeuplé (34,5 %)4.

Pourquoi s’en préoccuper?

Certaines familles choisissent la cohabitation multigénérationnelle afin de faciliter les soins et la prise en charge entre les générations. Les ménages multigénérationnels comptent souvent une personne limitée dans ses activités5. Par ailleurs, plusieurs grands-parents vivant sous le même toit que leurs petits-enfants en profitent pour veiller sur eux lorsque les parents sont au travail, à l’école ou occupés à faire les courses. Cela permet d’alléger les coûts relatifs à la garde des enfants, un problème auquel bon nombre de parents sont confrontés.

Les raisons justifiant l’augmentation du nombre de ménages multigénérationnels sont nombreuses. Parmi celles-ci, les économies que parviennent à réaliser les ménages multigénérationnels, grâce à la mise en commun de leurs revenus, s’avèrent souvent intéressantes pour les nouveaux arrivants et leur famille, qui doivent s’adapter à leur nouvelle terre d’accueil et y tisser des liens. Dans certains cas, la cohabitation multigénérationnelle relève plutôt d’une préférence culturelle. Des familles de toutes origines peuvent choisir de vivre au sein de ménages multigénérationnels pour y accueillir de nouveaux ou de futurs parents.

Enfin, la cohabitation multigénérationnelle ne convient pas à tout le monde; elle découle parfois d’une nécessité, et non d’un choix. Cela peut avoir des conséquences sur le bien-être s’il en résulte des conditions de vie inadaptées, comme la cohabitation dans des logements surpeuplés6.

Source : Statistique Canada. (13 juillet 2022). Situation dans la famille de recensement et dans le ménage, type de ménage de la personne, groupe d’âge et genre : Canada, provinces et territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement2.


a Une région métropolitaine de recensement est un grand centre urbain d’au moins 100 000 habitants, dont 50 % vivent dans le noyau urbain.


Références
  1. Statistique Canada. (13 juillet 2022). Tableau 98-10-0138-01 Type de ménage y compris les ménages multigénérationnels et type de construction résidentielle : Canada, provinces et territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement. https://doi.org/10.25318/9810013801-fra ↩︎
  2. Statistique Canada. (13 juillet 2022). Tableau 98-10-0134-01 Situation dans la famille de recensement et dans le ménage, type de ménage de la personne, groupe d’âge et genre : Canada, provinces et territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement. https://doi.org/10.25318/9810013401-fra ↩︎
  3. Statistique Canada. (21 septembre 2022). Tableau 98-10-0278-01 Présence de grands-parents dans le ménage par identité autochtone et la résidence selon la géographie autochtone : Canada, provinces et territoires. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/cv.action?pid=9810027801&request_locale=fr ↩︎
  4. Statistique Canada. (21 septembre 2022). Les conditions de logement des Premières Nations, des Métis et des Inuits au Canada selon les données du Recensement de 2021. Produits analytiques, Recensement de 2021. https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/as-sa/98-200-X/2021007/98-200-x2021007-fra.cfm ↩︎
  5. Che-Alford, J., et Hamm, B. (8 juin 1999). Trois générations réunies sous un même toit. Tendances sociales canadiennes. https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/11-008-x/1999001/article/4575-fra.pdf?st=Y4fNYws_ ↩︎
  6. Waterston, S., Grueger, B., Samson, L., Canadian Paediatric Society, et Community Paediatrics Committee. (5 octobre 2015). Housing need in Canada: Healthy lives start at home. Paediatrics & Child Health, 20(7), 403–407. https://doi.org/10.1093/pch/20.7.403 ↩︎